Cérémonie d'hommage aux deux soldats tués à Bangui

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HOMMAGE AUX DEUX SOLDATS FRANÇAIS TUÉS À BANGUI
HOMMAGE AUX DEUX SOLDATS FRANÇAIS TUÉS À BANGUI

PARIS (Reuters) - François Hollande a dressé lundi un bilan positif de l'intervention française en Centrafrique lors d'une cérémonie d'hommage aux deux soldats tués la semaine dernière dans un accrochage à Bangui, la capitale du pays.

Le chef de l'Etat a estimé que l'opération Sangaris, lancée il y a dix jours, avait enrayé les massacres et avait évité un embrasement régional sur fond de tensions entre chrétiens et musulmans dans ce pays.

"En cinq jours, ils (y) sont parvenus au-delà même de ce que nous pouvions espérer", a-t-il dit devant les familles d'Antoine Le Quinio, 22 ans, et Nicolas Vokaer, 23 ans.

Cette cérémonie aux Invalides intervient au moment où le soutien des Français à l'opération s'amenuise - ils ne sont que 44% à la soutenir selon un sondage Ifop - et que la situation reste très tendue sur le terrain.

Les deux soldats sont les premières victimes dans les rangs des militaires français depuis le déploiement de 1.600 hommes pour mettre fin aux exactions commises dans ce pays plongé dans le chaos depuis un coup d'Etat au mois de mars.

"Si la France n'était pas intervenue, si nos soldats, avec Antoine et Nicolas, n'avaient pas commencé à séparer les belligérants et à désarmer les bandes, les massacres, les carnages, en ce moment même, continueraient", a dit François Hollande.

Les combattants majoritairement musulmans de la Séléka, qui ont porté au pouvoir Michel Djotodia en mars, se sont rendus coupables de nombreuses exactions ces derniers mois.

Des milices chrétiennes appelées "anti-balaka" se sont constituées en réaction aux violences commises par les anciens rebelles et ont été accusées d'avoir profité de l'arrivée des troupes françaises pour se livrer à des représailles sanglantes.

Jeudi, des "anti-balaka" ont tué 27 musulmans à Bohong, un village situé à 75 km de Bouar, une localité de l'extrême Ouest centrafricain, selon le Bureau des droits de l'homme des Nations unies.

François Hollande a estimé que l'hostilité de la population envers l'intervention française était très minoritaire.

"Nos soldats ont été accueillis, par la grande majorité des Centrafricains comme des libérateurs", a-t-il dit.

Sangaris a été prévue pour six mois mais François Hollande a indiqué que les troupes françaises resteraient jusqu'à ce que les troupes africaines mandatées par l'Onu, qui doivent atteindre 6.000 hommes, puissent assurer la sécurité.

Il a indiqué que la France se retirerait "lorsque la force africaine aura atteint une taille et une capacité suffisante" et promis que l'action de désarmement des milices se poursuivrait "sans relâche".

"Notre seul but, c'est, avec les Nations unies, de restaurer l'état de droit et de permettre le plus vite possible aux Centrafricains de désigner leurs dirigeants par des élections libres et incontestables, comme nous l'avons fait au Mali", a-t-il encore déclaré.

Malgré la situation difficile qui règne sur le terrain, la France n'a pas l'intention d'envoyer des renforts mais souhaite que l'Europe participe plus activement au financement de l'intervention.

Selon le Haut commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR), les combats et violences interreligieuses ont fait plus de 600 morts depuis le lancement de l'opération Sangaris dans le pays, le 5 décembre dernier.

Julien Ponthus, édité par Yves Clarisse

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