Cérémonie à la mémoire des victimes à Charleston

le , mis à jour à 18:50
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par Edward McAllister CHARLESTON, Caroline du Sud, 20 juin (Reuters) - Des hommes et des femmes ont convergé samedi de tous les Etats-Unis vers Charleston pour assister aux cérémonies d'hommage aux neuf noirs assassinés mercredi soir dans une église méthodiste de la ville. Les obsèques des victimes de Dylann Roof, un jeune blanc de 21 ans, était prévues tout au long de la journée avant un rassemblement plus tard dans la soirée. Les organisateurs attendent 3.000 personnes à cette marche. La foule a commencé à se rassembler tôt samedi matin devant l'Emanuel African Methodist Church, le lieu de la tragédie où des bouquets de fleur s'accumulent par endroits sur près de deux mètres de haut. C'est dans cette église, la plus vieille congrégation afro-américaine du Sud fondée au début du XIXe siècle, que Dylann Roof a passé une heure au milieu des paroissiens mercredi soir avant d'ouvrir le feu sur eux. Le jeune homme a comparu vendredi pour la première fois devant un juge qui a décidé son maintien en détention. Il n'était pas présent à l'audience présidée par le juge James Gosnell, mais en liaison vidéo avec le tribunal de Charleston depuis la prison où il est détenu depuis son arrestation, quatorze heures après la tuerie. Roof, qui encourt la peine de mort s'il est reconnu coupable, a répondu brièvement aux questions du juge et n'a montré aucune émotion même lorsque des proches et parents de victimes, qui assistaient à cette première audience, se sont adressés à lui. (voir ID:nL5N0Z52YF ) Parmi les premiers arrivés sur place samedi matin, Monte Talmadge, un ancien de la Navy âgé de 63 ans, a parcouru de nuit les 500 km séparant sa ville, Raleigh, en Caroline du Nord, de Charleston. Assis sur une chaise de camping en face de l'église, il évoque "l'irrépressible sensation" qui l'a conduit ici. "Une église est un lieu de culte, pas l'endroit pour un assassinat. Notre société a atteint un niveau de dénigrement total", ajoute-t-il. La tragédie de Charleston vient s'ajouter à une longue série de tuerie de masses aux Etats-Unis où les partisans d'un contrôle accru sur les armes à feu n'arrivent pas à contourner le poids du lobby des armes qui s'appuie sur le Second Amendement. A la suite de la tuerie dans une école primaire de Newtown, en décembre 2012, où 26 personnes dont 20 enfants ont péri, Barack Obama avait demandé un renforcement du contrôle des armes mais son initiative a été bloquée au Congrès. S'exprimant vendredi soir à San Francisco devant le Congrès des maires, le président démocrate a dit espérer que la nécessité d'un contrôle plus strict des armes à feu finirait pas prévaloir. Mais la tuerie de mercredi renvoie aussi, un demi-siècle après les grandes marches du mouvement pour les droits civiques et la lutte contre la ségrégation, aux tensions raciales qui sont réapparues avec force ces derniers mois aux Etats-Unis à la suite de la mort de plusieurs Afro-Américains abattus par des policiers alors qu'ils n'étaient pas armés. Ces affaires, notamment à Ferguson, dans le Missouri, Baltimore et New York, ont déclenché les émeutes raciales parmi les plus violentes que le pays ait vécu depuis les années 1960. "Les motivations apparentes du tireur nous rappellent que le racisme reste un fléau que nous devons combattre tous ensemble", a déclaré Obama à San Francisco. (voir ID:nL5N0Z600W ) (avec Edward Krudy; Henri-Pierre André pour le service français)

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