Centrafrique-Violents combats à Bangui en plein référendum

le , mis à jour à 18:19
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 (Actualisé, précisions, HRW, MSF, §§ 3-5) 
    par Serge Leger Kokopakpa 
    BANGUI, 13 décembre (Reuters) - De violents combats ont 
éclaté dimanche dans un secteur musulman de la capitale 
centrafricaine, Bangui, alors que les électeurs étaient appelés 
aux urnes pour un référendum constitutionnel inscrit dans un 
processus électoral que dénoncent les ex-rebelles de la Séléka, 
partisans de la formation d'un nouveau gouvernement de 
transition. 
    Des tirs et des explosions ont été entendus dans le quartier 
de PK5 peu après l'arrivée sur place de casques bleus de la 
mission de l'Onu (Minusca) venus assurer la protection des 
bureaux de vote et des habitants qui étaient empêchés de voter, 
ont rapporté des témoins. 
    Des hommes armés de fusils automatiques et de 
lance-roquettes ont mené plusieurs attaques pour tenter de 
bloquer les opérations de vote, a dit le général Bala Keita, 
commandant de la Minusca. 
    "Nous avons dû parfois suspendre les opérations de vote pour 
riposter aux assaillants, c'est arrivé trois ou quatre fois, et 
puis le vote a repris", a-t-il dit. "C'est une zone de guerre 
(...) C'est vraiment extraordinaire -- nous aidons des gens à 
voter tout en nous battant contre d'autres qui veulent les en 
empêcher." 
    Selon Human Rights Watch (HRW), les combats ont fait un mort 
à PK5. Médecins sans frontières (MSF) a annoncé avoir pris en 
charge 23 blessés dans la journée. 
    Des tirs avaient déjà été entendus dans la nuit aux abords 
du quartier PK5, où vivent retranchés les musulmans de la ville, 
et ils s'étaient poursuivis dimanche dans la matinée. 
    Des habitants de cette enclave musulmane avaient alors 
marché en direction du siège de la mission de l'Onu pour se 
plaindre de ne pas pouvoir aller voter. 
     
    ÉLECTIONS 
    L'adoption attendue de la nouvelle Constitution doit ouvrir 
la voie aux élections présidentielle et législatives fixées au 
27 décembre, appelées à parachever le retour d'un processus 
démocratique dans un pays toujours dirigé par un cabinet et une 
présidente de transition. 
    Les opérations de vote ont commencé avec du retard dans un 
bon nombre de quartiers de Bangui où des files d'attente se sont 
formées devant les bureaux de vote. 
    Dans un communiqué diffusé dimanche matin, la coalition de 
la Séléka a estimé que les conditions - parmi lesquelles le 
retour des réfugiés - n'étaient pas réunies pour permettre le 
déroulement des prochaines élections. 
    "La République centrafricaine n'est pas prête à organiser 
des élections inclusives, démocratiques, crédibles, sûres et 
transparentes", ont estimé les ex-rebelles. "Une troisième 
équipe de transition, consensuelle, est nécessaire. Les 
élections et le référendum doivent être annulés." 
    La République centrafricaine a sombré dans le chaos au début 
2013, les rebelles de la Séléka, majoritairement musulmans, 
s'emparant alors de Bangui. Les exactions qu'ils commettaient 
ont entraîné des représailles de la part des milices chrétiennes 
anti-balaka et le pays a connu des violences intercommunautaires 
qui ont fait des milliers de morts et provoqué le déplacement de 
près d'un demi-million d'habitants. 
    Ce mois-ci, Nourredine Adam, chef de l'une des principales 
composantes de la Séléka, a menacé de s'opposer à la tenue des 
scrutins dans les secteurs sous son contrôle. 
 
 (Avec Joe Bavier, Anthony Fouchard et Sebastien Lamba; Eric 
Faye et Guy Kerivel pour le service français) 
 
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