Centrafrique-Nouvelles violences et barricades à Bangui

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par Crispin Dembasse-Kette BANGUI, 27 septembre (Reuters) - Des miliciens chrétiens armés rôdaient dans les rues de Bangui, la capitale centrafricaine, où des manifestants érigeaient des barricades, dimanche, au lendemain de violences intercommunautaires qui ont fait 21 morts et une centaine de blessés. Aux premières heures de dimanche, des jeunes gens en colère ont abattu des troncs d'arbres pour bloquer les grandes artères de la ville. Des soldats de la force des Nations unies, la Minusca, ont tiré des gaz lacrymogènes avenue Boganda et tenté, en vain, de les faire partir. Des témoins ont signalé des tirs sporadiques dans certains quartiers et assisté au pillage d'habitations et de commerces. Les violences de samedi ont été commises par des musulmans en représailles au meurtre d'un des leurs dans Bangui. Ce sont les heurts les plus meurtriers depuis le début de l'année dans la ville, où des troupes françaises et des casques bleus de l'Onu s'emploient à maintenir la sécurité. Des musulmans ont quitté leur fief du 3e arrondissement de la capitale et ont ouvert le feu dans le 5e arrondissement, un quartier majoritairement chrétien de la ville, où des maisons et des voitures ont été incendiées. Des milliers d'habitants ont dû fuir vers d'autres quartiers de la capitale. Le siège de la Voix de la Paix, radio musulmane de la capitale, et une église du 5e arrondissement comptent parmi les bâtiments attaqués. Le quartier a été survolé par des hélicoptères de la Minusca, la force des Nations unies dans le pays, mais rien n'a vraiment été entrepris pour faire cesser les attaques, ont déclaré des habitants. ELECTIONS EN OCTOBRE "Ça suffit maintenant. Nous voulons que (la présidente Catherine) Samba-Panza s'en aille. Depuis qu'elle est là, les musulmans tuent en toute impunité. Elle ne fait rien pour les désarmer", déplorait dimanche un manifestant, qui s'est exprimé sous le couvert de l'anonymat. Le ministre de la Sécurité, Dominique Saïd Paguindji, a imputé la responsabilité de ces violences à des éléments des milices chrétiennes "anti-balaka", de l'alliance musulmane Séléka et à des partisans de l'ex-président François Bozizé qui chercheraient à semer le chaos pour le faire revenir au pouvoir. Ces groupes armés ne se soumettent pas à la logique du désarmement et veulent diviser le pays, a-t-il dit. Tous ces gens ont le même intérêt à vouloir gâcher la transition et arrêter les élections à venir. Les électeurs centrafricains doivent élire un nouveau président et un nouveau parlement le 18 octobre afin de remplacer le gouvernement intérimaire dirigé par la présidente Catherine Samba-Panza. Les préparatifs du scrutin traînent en longueur et le chef du parlement intérimaire a laissé entendre que le vote pourrait être à nouveau reporté. Bangui a été épargnée par les violences pendant des mois jusqu'à de récentes attaques à la grenade qui ont fait deux morts et de nombreux blessés le 10 septembre dernier. ID:nL5N11G1UK La République centrafricaine avait sombré dans le chaos en mars 2013 quand les rebelles de la Séléka, en majorité musulmans, avaient pris le pouvoir, entraînant une riposte des miliciens anti-balaka et une partition de facto du pays. La France avait envoyé sur place plusieurs milliers de soldats fin 2013 pour tenter de ramener le calme. La force française Sangaris a aujourd'hui réduit ses effectifs, se réarticulant pour atteindre son format actuel de force de réaction rapide - en appui de la Minusca. Environ 900 militaires sont déployés dans l'opération Sangaris aux côtés des 10.500 militaires et policiers de la Minusca, selon le ministère français de la Défense. (Guy Kerivel, Jean-Stéphane Brosse et Eric Faye pour le service français)

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