Centrafrique : l'ONU accusée d'étouffer certains crimes

le , mis à jour à 18:48
1
Centrafrique : l'ONU accusée d'étouffer certains crimes
Centrafrique : l'ONU accusée d'étouffer certains crimes

La Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH) n'est pas tendre avec l'ONU. «Qu'il arrive aux Nations unies d'étouffer des situations ? Oui c'est un vrai problème et c'est récurent !» lance Florent Geel, le responsable du bureau Afrique à la FIDH. Ce jeudi, il fustige la suspension par les Nations unies d'Anders Kompass, le fonctionnaire suédois qui a révélé les accusations de viols d'enfants par des soldats français déployés en Centrafrique.

«Il y a ce problème de faire remonter les informations, d'éviter de dénoncer certains crimes pour éviter de gêner les négociations de paix», poursuit Florent Geel, évoquant de «vrais blocages». Il estime que l'ONU se tait «en particulier sur la question des crimes sexuels commis par les casques bleus». «Lorsque cela arrive, ils mettent en place des process internes pour que ça se sache rarement ou jamais», explique-t-il.

Au printemps 2014, les Nations unies avaient ouvert une enquête et recueilli des témoignages d'enfants centrafricains accusant d'agressions sexuelles des militaires français de l'opération Sangaris.

«Ce fonctionnaire suédois n'est pas un téméraire»

Anders Kompass a transmis en juillet un rapport aux autorités françaises intitulé «Abus sexuels sur des enfants par les forces armées internationales». Il a pris cette décision au mépris des procédures en réaction à l'inaction de l'ONU. Il a été suspendu le 17 avril dernier et fait depuis l'objet d'une enquête des Nations unies.

«Ce fonctionnaire suédois n'est pas un téméraire, il a trente ans de carrière, souligne Florent Geel. Il a dû agir ainsi parce que ça touchait la France : quand ça touche le Tchad, il n'y a jamais de suite. Là ça touche la France, où il y a une justice indépendante, ça peut permettre de faire bouger les choses.» Une enquête a été ouverte à Paris en juillet 2014 pour viols sur mineurs de moins de 15 ans.

«Si les faits sont avérés, on ...

Lire la suite de l'article sur Le Parisien.fr


Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M1054081 le jeudi 30 avr 2015 à 16:57

    "Le premier qui dit la vérité sera exécuté " Guy Béart