Cémoi, premier chocolatier français, cherche à monter en gamme

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La nouvelle gamme de Cémoi vise à lui permettre de rehausser son image auprès du grand public. (ISSOUF SANOGO / AFP)
La nouvelle gamme de Cémoi vise à lui permettre de rehausser son image auprès du grand public. (ISSOUF SANOGO / AFP)

(AFP) - Le premier chocolatier français, Cémoi, a annoncé vendredi la sortie, à l'occasion du salon du chocolat, de nouvelles tablettes "grands crus de cacao", en cherchant à monter en gamme et à valoriser son savoir-faire "de la fève au consommateur".

La société familiale basée à Perpignan est née à Grenoble en 1919, et a longtemps véhiculé l'image d'un chocolat industriel bas de gamme vendu uniquement en grande surface au moment des fêtes. "C'est cette image que nous voulons changer", a dit la directrice de la communication, Maud Clarissou, à l'AFP.

Sa nouvelle gamme va lui permettre de rehausser son image auprès du grand public: des truffes ainsi que quatre tablettes "grands crus" bio de cacao vendues sous sa propre marque, à base d'assemblages de fèves de République dominicaine et d'Equateur, parfumées à l'huile essentielle d'orange douce, ou agrémentées de quinoa, ou encore venant de Sao Tomé pour les desserts.

"Très peu d'entreprises en France maîtrisent le processus long du chocolat sur toute la filière de production, de la plantation à la tablette", a souligné le PDG de Cémoi, Patrick Poirrier, lors d'une rencontre avec la presse vendredi à Paris, jour de l'ouverture du Salon du Chocolat.

"Et très peu de chocolatiers sont capables de suivre la traçabilité de leur chocolat, la provenance exacte des fèves. Nous, nous le pouvons", a-t-il ajouté.

"Nous n'utilisons que du beurre de cacao et jamais d'huile de palme, malgré les 5% permis de façon dérogatoire par l'Union européenne", a rappelé Tristan Borne, directeur général du groupe Cémoi.

L'huile de palme est néanmoins utilisée pour les fourrages de certaines confiseries ainsi que dans les truffes, mais uniquement au standard RSPO qui garantit des plantations durables", a-t-il dit.

En Equateur, où la biodiversité des cacaoyers est menacée par le développement généralisé de la variété hybride CCM51, Cémoi affirme ne travailler qu'avec du bio.

Avec un chiffre d'affaires de 820 millions d'euros, dont 54% réalisés en France, 37% dans le reste de l'Europe et 9% hors Europe, Cémoi cherche désormais à surfer sur la vague du "chocolat à la française", synonyme de qualité, très recherché notamment dans les pays anglo-saxons et en Chine, selon M. Poirrier.

Le groupe emploie 3.400 salariés dans le monde, dont 2.350 sur les sites logistiques et les 10 usines en France, et produit au total quelque 260.000 tonnes de "produits" chocolatés chaque année. Le groupe a également des usines en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Pologne et en Côte d'Ivoire.

"Nous sommes le premier chocolatier français" en volume, "et appartenons aux dix premiers chocolatiers mondiaux", a ajouté M. Poirrier.

Cémoi est un généraliste du chocolat, la société réalise 70% des chocolats vendus sous marques de distributeurs en France et vend 50% de sa production sur le marché professionnel aux biscuitiers, glaciers et chocolatiers. 

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