Céline, gardien de l'apocalypse

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Céline, gardien de l'apocalypse
Céline, gardien de l'apocalypse

Il y a 54 ans, Louis-Ferdinand Destouches – Céline – mourrait à Meudon. Avant l'écrivain et le pamphlétaire s'était glissé un éphémère joueur de ballon. Suffisant pour continuer à exister longtemps dans le monde du foot.

"Un buste sur pattes" : au siècle dernier, Louis-Ferdinand Céline critique avec sa délicatesse caractéristique l'attitude selon lui hautaine et sclérosée, romaine, de son confrère Henry de Montherlant. Un simple buste qui n'empêche pas l'auteur des Olympiques d'être gardien de but, de la même manière qu'un Albert Camus au Racing Club algérois ou qu'un Ferdinand Bardamu de... Céline. Mais là où Camus déclare que "vraiment, le peu de morale que je sais, je l'ai appris sur les terrains de football et les scènes de théâtre qui resteront mes vraies universités", difficile de penser que Céline porte véritablement le football dans son cœur. Il évoque ainsi une première fois la discipline dans Mort à crédit en 1936 : "La mode et la tradition, c'était qu'à partir de midi, on s'habille tous en sportifs, en requimpette d'uniforme rayée vert et jaune, la calotte "ad hoc", tout ça orné d'écussons aux armoiries du collège... J'y tenais pas très spécialement à m'affubler en chienlit et puis ça devait être bien coûteux, une tenue pareille ?... Surtout les godasses à crampons... J'avais pas l'humeur aux joujoux... Je voyais pas de jeux dans mon avenir... C'était encore un genre foireux qu'était bien fait pour les petits caves..." De quoi inspirer Roselyne Bachelot.

Pas un sujet tabou


Pour Céline comme pour nombre de ses collègues contemporains (Paul Morand, Jean Giraudoux, Blaise Cendrars...), le football n'est pas un sujet tabou, mieux, il peut même être digne d'intérêt. Mais moins athlète qu'un Giraudoux, Céline/Bardamu a une manière bien à lui de pratiquer son sport : "J'avais la bonne place au football, je tenais les buts... Ça me permettait de réfléchir... J'aimais pas, moi, qu'on me dérange, je laissais passer presque tout..." Et, évidemment, y porte un regard tout à fait propre : "Au coup de sifflet, les morveux, ils s'élançaient dans la bagarre, ils labouraient toute la mouscaille à s'en retourner les arpions, à toute foulée dans la glaise, ils s'emplâtraient, ils se refermaient les deux châsses, la tronche, avec toute la fange du terrain... (...) Plus qu'ils étaient devenus bouseux, hermétiques, capitonnés par la merde, plus qu'ils étaient heureux, contents... Ils déliraient de bonheur à travers leurs croûtes de glace, la crêpe entièrement soudée." Céline, poète du football selon Gattuso. Et ennemi du football…


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