Cédric Chaboud veut remettre la SPGP sur les rails

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(NEWSManagers.com) -

L' AMF vient de délivrer l'agrément permettant à Cédric Chaboud, jusqu'à présent directeur général délégué de SPGP, de prendre la présidence de la société de gestion. Au sein de la direction de l'entreprise, cette opération est tout sauf une surprise. A son arrivée en 2010, Cedric Chaboud, qui quittait Lazard Frères Gestion avec son fonds Skylar dédié aux introduction en bourse ( IPO), nourrissait un projet entrepreunarial. Dès lors, le gérant et Xavier Roulet, alors président de la SPGP, se sont entendus pour inscrire ce projet dans le cadre d'une transmission de la SPGP plutôt que de partir d'une feuille blanche.

Si la tâche est parue plus simple en apparence comparé à une création pure, elle n'en a pas moins impliqué une remise en ligne d'une société de gestion qui, selon son nouveau dirigeant, a eu du mal à évoluer. En termes de compliance notamment, au début de l'année, la société de gestion a également négocié une composition administrative de 100 000 euros avec l'Autorité des marchés financiers ( AMF), après avoir été mise en cause pour un défaut d'évaluation de l'adéquation entre, d'une part, le service de gestion de portefeuille fourni et, d'autre part, le profil et les objectifs de ces clients. Par ailleurs, " ces carences ont été aggravées par le caractère discrétionnaire de la gestion prévue par les mandats de gestion" indiquait l' AMF qui notait également que des frais plus élevés que prévu avaient été perçus sur une Sicav. Non seulement les actionnaires n'avaient pas été avertis mais le plafond de frais annoncé dans le prospectus avait été dépassé... L'objectif de Cédric Chaboud est donc de remettre de l'ordre, et d'opérer une transition en douceur. La gageure n'est pas mince. La société de gestion compte 800 clients et affiche environ 600 millions d'euros d'actifs sous gestion - dont la moitié en gestion privée, l'autre moitié venant de l'extérieur - contre 800 millions d'actifs sous gestion fin 2012 et 1,7 milliard en 2007.

Dans son entreprise, Cédric Chaboud peut compter sur Sassan Golshani, l'ancien président-directeur général d'Assya Asset Management et ancien directeur du développement de KBL Richelieu. Ce dernier, qui occupera la fonction de responsable du développement à la SPGP, en devient également un actionnaire à hauteur de 10 % d'une holding dont Cédric Chaboud détient 90 % et qui détient 52 % de la SPGP. En pratique, dans la nouvelle organisation, Xavier Roulet reste en effet deux ans actionnaire de la société tandis que les autres actionnaires - à savoir Baudoin Motte, responsable de la gestion privée, et Roger Polani , le gérant emblématique de la société de gestion - ont été vendeurs. Il n'en reste pas moins que ces trois responsables resteront pour accompagner en douceur le développement de la SPGP. Pendant au moins cinq ans.

Par ailleurs, Cédric Chaboud compte donner une nouvelle impulsion dans la société en renforçant ses équipes et en revoyant son offre de fonds. Concernant les ressources humaines, la SPGP s'apprête à accueillir Mathieu Dubicq, un ancien gérant de GLG Partners, dans les prochaines semaines, pour sa gestion alternative. Plus tard, il est question d'augmenter l'effectif de gérants privés issus de sociétés de gestion basées à Paris. Les forces commerciales n'ont pas été oubliées puisque la nouvelle direction compte renforcer celles-ci de deux personnes supplémentaires.

Concernant l'offre de fonds d'investissement, la gamme s'appuie selon les termes de Cédric Chaboud sur quatre " coeurs de performances" . Le premier est composé des fonds classiques - investis sur les actions européennes de moyennes capitalisations, les obligations convertibles, les titres corporate -, et le deuxième de produits de niche ? à l'image du fonds IPO, du fonds investis sur les technologies, etc. Le troisième coeur va, pour sa part regrouper les fonds thématiques investissant, par exemple, dans le luxe, ou tirant profit de l'indépendance énergétique des Etats-Unis. " Ces fonds auront une durée de vie limitée" , explique Cédric Chaboud, basée sur des opportunités à saisir... Enfin, le quatrième coeur sera composé de fonds dédiés à destination des clients importants de la SPGP.

La maison ne compte pas retrouver les investisseurs institutionnels qu'elle a perdus et qui, ne serait-ce que pour des raisons de ratio d'emprise, vont se tenir à l'écart. Mais la société de gestion veut rester active auprès des banques privées, des multigérants et de petits institutionnels et bien sûr dans le monde de la distribution.

L'international est aussi un de ses objectifs de développements. Notamment via la Suisse que la SPGP connait bien ou le Luxembourg via des contrats d'assurance vie en unités de compte.

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