Cécile Duflot passe la main à Pascal Durand chez EELV

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Cécile Duflot passe la main à Pascal Durand chez EELV
Cécile Duflot passe la main à Pascal Durand chez EELV

PARIS (Reuters) - Pascal Durand a pris samedi la succession de la ministre du Logement Cécile Duflot à la tête d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) dans un climat de consensus en dépit des critiques acerbes de Daniel Cohn-Bendit envers le parti.

Seul candidat en lice, l'ancien porte-parole a été élu à la quasi unanimité des 150 délégués du "parlement" du mouvement écologiste.

Il accède à la tête d'EELV à un moment-clef de l'histoire de ce parti, qui a pu former pour la première fois des groupes à l'Assemblée et au Sénat et participe pour la deuxième fois dans l'histoire du pays à un gouvernement.

Un bilan qui fait oublier le désastreux 2,3% d'Eva Joly à la présidentielle.

Elue en 2006 patronne des Verts à 31 ans, Cécile Duflot a réussi à pacifier un parti longtemps qualifié d'ingérable et miné par d'incessantes batailles d'ego.

Dans un discours "sentimentalo-politique", elle a dit avoir "le sentiment d'une immense fierté" et "assumer" son bilan de chef de file des écologistes, tout en concédant "quelques erreurs, mais qui n'en commet pas".

Mais au moment où EELV engrange les succès, les écologistes se déchirent à nouveau, leur icône, le député européen Daniel Cohn-Bendit, redoublant de critiques contre la direction sortante qu'il accuse d'arrivisme.

"Le plus détestable a été la course aux maroquins ministériels", a-t-il dit vendredi Voir

"Nous n'avons renoncé à rien, nous n'avons bradé aucune de nos convictions, nous n'avons abandonné aucun combat pour nous allier à nos partenaires socialistes", lui a répliqué Cécile Duflot dans son discours.

"PAS DES GODILLOTS"

"Un accord électoral n'est pas un marchandage, ni même un troc. Un accord électoral, c'est un compromis entre forces politiques pour bâtir une alliance qui fasse sens aux yeux de la société", a-t-elle ajouté.

Les militants reconnaissent au nouveau secrétaire national sa loyauté, puisqu'il a mené sans sourciller la campagne d'Eva Joly, alors qu'il avait soutenu Nicolas Hulot lors des turbulentes primaires du mouvement.

Venu tardivement à la politique, Pascal Durand passe pour être consensuel, mais coriace.

Evoquant dans Le Monde, daté de dimanche, les relations avec le Parti socialiste, il assure que les écologistes "ne seront pas les godillots d'une majorité uniforme".

"La loyauté, ce n'est pas l'obéissance, et le partenariat n'est pas la fusion", dit-il en réponse au ministre des relations avec le Parlement Alain Vidalies, affirmant que les écologistes seraient tenus de voter les textes de la majorité.

Interrogé sur la désaffection des électeurs pour la campagne d'Eva Joly, il reconnaît que la perception des écologistes, autrefois vus comme "sympas, un peu bordéliques, mais avec des idées" a changé "plutôt de manière négative".

"Nous devons convaincre, c'est le jeu démocratique, convaincre sans imposer ni terroriser", dit-il.

Daniel Cohn-Bendit, qui affirme que le nombre des adhérents a baissé de 50% en une année, n'a "pas mis en doute" la "volonté" de Pascal Durand "de parvenir à un fonctionnement plus collectif".

Ses proches veulent un congrès avancé au printemps 2013, au lieu de 2014, pour que l'ensemble des militants, et non le seul Conseil fédéral, se prononcent "sur la base d'une ligne politique".

Gérard Bon

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