Ceci est (presque) une passerelle

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Cet audacieux projet de passerelle vient de remporter un concours et offrira une vue superbe sur les ruines du château du roi Arthur. Il s’agit en fait de deux demi-ponts séparés en leur centre par quelques centimètres de vide.

Quelques centimètres de vide qui font toute la différence. Si ce projet qui doit voir le jour en 2019 est «presque» une passerelle, c’est que les deux parties qui le constituent ne sont pas parfaitement jointives. C’est sans doute cette spécificité qui a permis à l’agence belge Ney & Partners et William Matthews Associates de remporter le concours lancé par English Heritage. Pas moins de 136 concurrents étaient en lice pour assurer cette réalisation globale de 4 millions de livres (5,2 millions d’euros) destinée à souligner les attraits touristiques du château de Tintagel, dans les Cornouailles, très lié à la légende du roi Arthur.

Située 28 mètres plus haut que l’actuelle passerelle, la nouvelle construction doit permettre d’améliorer l’accès à ce site historique et même, selon les lauréats, de «transcender la visite du lieu», géré par l’équivalent britannique de notre Centre des monuments nationaux. Une pépite du patrimoine d’outre-Manche, attirant chaque année plus de 200.000 visiteurs.

Mettre en valeur le vide

À compter du printemps 2019, les touristes pourront donc emprunter cette passerelle inédite: deux porte-à-faux indépendants implantés de part et d’autre qui se rejoignent au milieu sans se toucher. «C’est par cette absence de matière au milieu de la traversée que le vide est mis en valeur», précisent les lauréats dans un communiqué. Lyriques pour expliquer leur démarche, ils soulignent: «Cet espacement étroit représente la transition entre le territoire et l’île, l’ici et l’ailleurs, le présent et le passé, le familier et l’inconnu, la réalité et la légende: toutes ces choses qui font de Tintagel un lieu si particulier et fascinant.»

Une installation qui rendra les lieux accessibles à un plus nombre de personnes tout en offrant de meilleures vues sur les ruines du château et l’île de Tintagel. Décidément, il faut croire que les Belges sont particulièrement créatifs lorsqu’il s’agit de détourner les codes et mettre en scène une jolie vue. Il y a trois ans, le studio flamand Close to Bone se faisait remarquer avec «Ceci n’est pas un escalier», un titre hommage au peintre surréaliste René Magritte. Mimant parfaitement un escalier, la construction mène simplement vers le ciel, et pour cause: c’est en fait une «tour» d’observation offrant une belle vue sur la nature environnante.

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