Ce que nous apprend la contrefaçon mondiale

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"On peut inviter les marques les plus contrefaites à explorer, sans renier leurs exigences de qualité ou de design, la conception de produits « low cost ». L'industrie automobile l'a fait avec brio" (Photo: articles de contrefaçons avant leurs destructions le 27 janvier 2011 à Paris).
"On peut inviter les marques les plus contrefaites à explorer, sans renier leurs exigences de qualité ou de design, la conception de produits « low cost ». L'industrie automobile l'a fait avec brio" (Photo: articles de contrefaçons avant leurs destructions le 27 janvier 2011 à Paris).

L’éclairage. L’étude de la contrefaçon éclaire l’évolution des objets et des signes qui étayent la différenciation et l’insertion sociale. Elle signale les distinctions devenues insupportables, les sentiments d’injustice et les consommateurs les plus aisément trompés.

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) vient de publier un rapport qui souligne l’ampleur de la contrefaçon mondiale (« Trade in Counterfeit and Pirated Goods. Mapping the Economic Impact », OCDE & EUIPO, 2016). Celle-ci ne cesse de croître et représentait, en 2013, près de 2,5 % du commerce mondial et 5 % des importations européennes.

La Chine continentale se taille la part du lion puisqu’elle est à l’origine de 60 % de la production contrefaite, très loin devant Hongkong (20 %) et la Turquie (3,5 %). Les pays qui subissent le plus cette contrefaçon sont les Etats-Unis, l’Italie, la France et la Suisse.

Il faut donc renforcer la détermination des Etats à lutter contre les contrefacteurs. Mais un recueil d’études récentes (« L’imitation », Entreprises et histoire n° 78, 2015) nous rappelle aussi que la contrefaçon, aussi ancienne que le commerce, révèle, à chaque époque, ce qui fait la valeur particulière des imitations illégales et la vulnérabilité des consommateurs.

Contribution à la diffusion des innovations L’imitateur a toujours copié les innovations réussies ou les réputations bien installées. L’imitation est ainsi inséparable du fonctionnement marchand et contribue à la diffusion des innovations. La mode, elle-même, est un processus d’imitation organisé. La contrefaçon va naître et se développer avec l’extension des privilèges, des marques et des signes distinctifs de qualité. L’imitation devient alors illégale lorsqu’elle transgresse...

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