Ce petit port du Balouchistan compte devenir le nouveau Dubaï

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Avec 46 milliards de dollars d’investissements, surtout chinois, le port de Gwadar est promis à un brillant avenir. Déjà les prix de l’immobilier s’envolent dans cette région pauvre et instable du Pakistan.

Le Baloutchistan, la plus pauvre des provinces du Pakistan, compte bien décoller grâce à un méga-projet d’investissement chinois. C’est du moins ce qu’espère l’ex-chef insurgé Hazar Khan, qui a jeté ses armes aux orties, dans l’espoir d’un bon emploi. Hazar Khan a passé 15 années de sa vie à lutter pour l’indépendance du Baloutchistan, une vaste étendue désertique et montagneuse qui jouxte l’Iran et l’Afghanistan et compose tout le coin sud-ouest du Pakistan.

Mais cette page est désormais tournée. «Nous avons passé notre vie dans les montagnes (à faire la guérilla) mais à présent nous voulons que nos enfants reçoivent de l’instruction et aient une vie meilleure», explique-t-il à l’AFP, précisant que toute sa famille a accepté de le suivre. Le Baloutchistan est en proie depuis des années à une insurrection séparatiste et des violences confessionnelles qui en ont fait l’une des zones les plus instables et dangereuses du Pakistan, le rendant pratiquement inaccessible pour les voyageurs. Plus de la moitié de ses 8,5 millions d’habitants vivent sous le seuil de pauvreté.

Une autoroute de 2000 km

Un ambitieux projet visant à faciliter l’accès de la Chine au Moyen-Orient, à l’Afrique et à l’Europe pourrait totalement changer la donne. Cette liaison routière, énergétique et de télécommunications traverserait de bout en bout le Pakistan, rendant nécessaire la stabilité du Baloutchistan, où débouche l’infrastructure. Ce projet, appelé couloir économique sino-pakistanais (CPEC), représente 46 milliards de dollars d’investissements, essentiellement apportés par Pékin. Lancé en grande pompe il y a un an, lors d’une visite du président chinois en avril 2015, il devrait engendrer des travaux colossaux sur des années notamment une autoroute de 2.000 km - déjà en construction - courant de la frontière chinoise, dans le nord-est, jusqu’au port de Gwadar.

Gwadar, jusqu’ici un petit port de pêche baloutche assoupi au bord de la mer d’Arabie, est ainsi promis à un avenir de «futur Dubaï». Conséquence: les prix de l’immobilier de Gwadar et ceux de la capitale provinciale Quetta s’envolent déjà. Des entrepreneurs se jettent à l’eau, espérant profiter de la dynamique créée par les Chinois. «Nous avons rétabli la paix dans 95% du Baloutchistan», affirme Akbar Durrani, secrétaire d’État à l’Intérieur de la province.

La menace des attentats

Le projet sino-pakistanais n’a pas échappé pour autant aux problèmes de sécurité avec plusieurs attentats commis contre des ingénieurs chinois, des gazoducs ou des voies ferrées. Mais malgré ces difficultés, la Chine se déclare confiante. «Je pense que la situation sécuritaire s’est beaucoup améliorée», a déclaré l’ambassadeur chinois par intérim Zhao Lijian lors d’une conférence à Gwadar en avril, saluant le travail de l’armée. À long terme, les experts estiment cependant que la stabilité de la région et le succès du corridor dépendront beaucoup de la capacité du gouvernement à faire bénéficier concrètement la population baloutche du projet.

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