CCR : Nos convictions en allocation d’actifs, avril 2009

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Fort d'une solide expérience en gestion d'actifs, le pôle allocation né du rapprochement de CCR et UBS tient un comité de réflexion auquel participent ses gérants et qui aboutit à la notation des différentes classes d'actifs en fonction de leurs convictions.

Selon notre comité d’allocation, malgré l'amorce d'une tendance favorable sur la seconde quinzaine de mars, les actions (note 3/5) demeurent extrêmement volatiles et ne font pas l'unanimité à court terme. Leur potentiel d'appréciation est très important mais les incertitudes demeurent fortes, notamment en ce qui concerne les aspects sociaux et les révisions des bénéfices d'entreprises. Le rebond des indices ne se fera pas en ligne droite, ce qui devrait permettre de se repositionner ultérieurement lorsque seront validés les premiers indicateurs de reprise de l'activité ou lorsque le momentum, toujours déprimé aujourd'hui, s'améliorera. Cela pourrait être rapidement le cas, si les mesures évoquées d'assouplissement des normes comptables venaient à se concrétiser. D'autres classes d'actifs recueillent davantage de suffrages, comme les obligations d'entreprises (note 5/5 pour les meilleures catégories et 4/5 pour le high yield), dont la rémunération additionnelle couvre, à notre avis, l'augmentation des risques de défauts. À l'inverse, les obligations d'États (2/5) ne sont pas -ou peu- représentées dans nos portefeuilles : la remontée des taux d'intérêts, différée pour un temps par les opérations quantitatives de la Fed, pourrait entraîner une perte en capital sur ces positions. Ne pas investir est une décision primordiale ! La crise actuelle nous a démontré qu'éviter les plus fortes déconvenues est plus important encore que de sélectionner les classes d'actifs profitables. La présence d'or (note 4/5) dans les portefeuilles, malgré les ventes programmées par le FMI et certaines banques centrales, présente le double avantage de protéger les actifs contre l'aggravation de la crise mais aussi contre l'inflation, qui constituera un épineux problème si l'activité se ressaisit.

Dissocier le pilotage du risque et la gestion fondamentale.

Cette avancée majeure dans l'allocation d'actifs est née des enseignements de la crise actuelle. Elle permet aux gérants de rester concentrés sur la sélection des meilleurs supports, tout en protégeant la partie investie en actions si le niveau de risque anticipé n'est pas conforme aux objectifs souhaités. En effet, il est délicat de demander au même être humain de sélectionner des titres sous-évalués (bottom-up) et de les vendre parce que le marché n'est pas porteur (top down).

Pour la gestion du fonds UBS (F) Flexible Allocator Croissance, par exemple, ce pilotage du risque se fait dans un comité distinct, sur la base d'observations de données de marchés et de travaux issus de la finance comportementale. Le fonds conserve ainsi les bénéfices d'une gestion de conviction, tout en y ajoutant un garde-fou qui protège l'actif quand l'irrationalité l'emporte. Ces indicateurs de risque ont entraîné depuis juillet 2008 la couverture totale de la position en actions du fonds, qui reste aujourd'hui market neutral.

Julien Vincenti, gérant pôle allocation d’actifs

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