CCR : "Les primes de risque élevées créent-elles des opportunités d'achat ?"

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Les primes de risque élevées créent-elles des opportunités d'achat ?

La prime de risque d'un instrument financier correspond à la rémunération supplémentaire qu'il sert en comparaison à un autre actif moins risqué. On entend souvent que cette prime atteint aujourd'hui des sommets. L'occasion de faire un point sur cette notion et d'en tirer d'éventuelles conclusions sur la politique d'investissement.

Par nature l'évolution d'un actif risqué n'est pas prévisible. Elle dépend de plusieurs facteurs objectifs (données économiques) ou subjectifs (comportement des investisseurs). Ces aléas, mesurés par la volatilité, sont compensés par une rémunération additionnelle qui croît avec le risque. Au cours des derniers mois, les difficultés rencontrées sur les marchés de capitaux ont échaudé les investisseurs. L'aversion au risque est à son comble propulsant la prime à 5% sur les obligations d'entreprises et au-delà de 8% sur les actions en Europe. Sur les 15 dernières années, le précédent pic de la prime de risque "actions" avait été observé en mars 2003 (7,8%), son plus faible niveau (2,2%) en février 2000.

Cette situation paraît donc très attractive... Excepté si les risques ont réellement augmenté.

Or, cela semble être le cas. La liquidité de certains marchés, notamment d'obligations structurées ABS, ARS, etc, n'a pas été assurée, augmentant le risque final pour les investisseurs. Sur les marchés boursiers, les problèmes de liquidité ont concerné certaines petites et moyennes capitalisations. Par ailleurs, la possible suppression du dividende pour les entreprises qui peinent à trouver des financements ou préfèrent affecter leur trésorerie à d'autres postes fragilise les estimations de retour sur investissement. Dernier exemple, l'instabilité des prévisions macroéconomiques et les divergences d'opinions des analystes ajoutent aux incertitudes et justifient l'accroissement des primes constatées.

Pour conclure, si les primes observées aujourd'hui sont historiquement élevées c'est parce qu'elles intègrent des facteurs de risque jusque-là négligés. La notion de prime ne suffit donc pas à déterminer un calendrier précis de retour sur les marchés. Cependant, les niveaux actuels réellement élevés laissent penser que les investisseurs disposés à prendre du risque dans leur allocation recevront en retour une juste rémunération, ce qui n'a pas toujours été le cas dans le passé.

Julien Vincenti


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