CCR : Forte volatilité de la parité euro / dollar : quelles conséquences en tirer dans une allocation d'actif ?

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Forte volatilité de la parité euro / dollar : quelles conséquences en tirer dans une allocation d'actif ?

Les marchés d'actions ont confirmé leur caractère extrêmement volatil. Il existe à leur côté une autre classe d'actif dont les variations récentes sont étonnamment amples et qui impacte la performance d'un portefeuille diversifié : les devises, et notamment le dollar. Dès lors, comment intégrer ces fluctuations dans une allocation active?

Plusieurs analystes prévoient aujourd'hui que le marché américain sera l'un des premiers à sortir de la crise, grâce à l'ampleur des plans de relance -même si le dernier opus présenté par Timothy Geithner, Secrétaire au Trésor, a déçu à court terme- et la grande réactivité de l'économie. La probabilité non-nulle de réalisation de ce scenario peut légitimer une prise de position sur cette zone. Même les investisseurs qui ne seraient pas convaincus par l'argument macro-économique s'accordent à dire que chaque marché recèle des opportunités. En clair, ceux que Wall Street ne séduit pas peuvent être tentés par un investissement sur Google, Procter & Gamble ou bien dans un OPCVM sectoriel pour les qualités de ces supports et leurs perspectives d'évolution. La rentabilité future de tels investissements dépend en grande partie du comportement de la devise.

Fin 2006 le dollar a entamé une période de 18 mois de forte baisse, principalement causée par la différence de rémunération entre les taux directeurs de la Fed et de la BCE. Ce repli a été encore accentué par la flambée du pétrole, dont le prix est inversement corrélé au dollar américain, et par la diversification des réserves de change des pays émergents. Le retournement de tendance, tout aussi violent, a été constaté à l'été 2008 avec l'amplification de la crise financière : le dollar retrouve son rang de valeur refuge en période incertaine et bénéficie en plus des rapatriements de capitaux des Américains qui avaient, eux comme nous, diversifié leur épargne. Le rebond du dollar a été en outre favorisé par les difficultés économiques rencontrées en Europe, principalement avec l'Irlande, l'Espagne, l'Italie et la Grèce- favorisant les rumeurs d'un éclatement de la zone euro.

Ces variations récentes, probablement amplifiées par des phénomènes de flux, frappent surtout par l'accélération des cycles. Là où en 2007 il avait fallu à l'euro une année entière pour passer du point bas (1,25) au niveau de 1,40, il aura suffi d'un seul mois en décembre dernier pour rejoindre ces extrêmes. La volatilité du marché des changes s'accroît, rendant plus incertain encore le retour sur investissement. Elle s'explique en partie par les opérations des hedge funds en fin d'année mais aussi par l'augmentation des transactions des acteurs industriels qui interviennent sur les devises pour protéger leur chiffre d'affaires (on se souvient d'EADS qui dit perdre 1 milliard d'euros tous les 0,10 euros de baisse du dollar).

Mais que vaut réellement le dollar ?

Les taux directeurs des principales économies convergent vers 0+ depuis le dernier trimestre 2008. Le surcroît de rémunération offert par telle ou telle devise ne justifie plus aujourd'hui les opérations d'arbitrage qui dictaient la valorisation des monnaies. C'est davantage vers les données fondamentales des économies que se tournent les cambistes pour juger de la valeur des devises. La parité des pouvoirs d'achats peut donner une idée de la valeur intrinsèque des monnaies, d'ailleurs proche des niveaux actuels de marché, mais c'est du côté des déficits publics que se créent les réelles divergences. En grossissant le trait, on peut dire qu'au cours de la période de forte croissance mondiale (2003-2008) les excédents chinois se sont investis massivement en bons du Trésor américains : la troisième économie mondiale a ainsi financé les déficits de la première. Les déclarations récentes de l'administration sur la faiblesse du yuan pourraient remettre en cause cet équilibre et laissent craindre des jours plus difficiles pour la devise américaine. Le contexte fortement inflationniste qui naîtra des politiques actuelles devrait également peser sur la valeur du dollar, que nous croyons donc structurellement baissier avec un objectif de retour sur le seuil de 1,60.

Dans nos programmes d'allocation d'actif qui le permettent, comme le fonds UBS (F) Flexible Allocator Croissance*, l'exposition aux fluctuations du billet vert est neutralisée grâce à la mise en place de couvertures. Le fonds Centrale Opportunités Monde* va au-delà et s'est aujourd'hui positionné pour tirer profit d'un repli du dollar. La rapidité des mouvements sur le marché des changes impose aux gérants une très grande réactivité.

Julien Vincenti, gérant

*Avertissement : avant tout investissement, il convient de prendre connaissance des prospectus des OPCVM disponibles sur le site de l'AMF pour vérifier si leurs objectifs correspondent à votre profil d'investisseur


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