CCR : Faut-il surpondérer l' Asie Emergente ?

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Les pays émergents affichent depuis le début de l'année des performances boursières spectaculaires, comme en témoigne l'indice MSCI Emerging Markets qui progresse de 31% au 22 mai. Faut-il encore investir sur cette région ?

Les pays émergents représentent 50% du PIB mondial en volume (30% en valeur) mais seulement 15% des marchés de capitaux (actions + dette). Ce déséquilibre devrait progressivement s'atténuer au bénéfice des places financières émergentes, justifiant ainsi l'intérêt qu'on leur porte, même si tous les pays classés dans cette catégorie ne présentent pas les mêmes avantages.

À l'inverse de l'Europe Centrale, durement affectée par la crise du crédit et les difficultés des banques occidentales, les pays d'Asie résistent mieux grâce à la solidité de leur système financier et au niveau raisonnable de la dette publique. Les plans de relance, présentés au second semestre 2008 et mis en œuvre immédiatement, soutiennent l'activité chinoise qui repart plus rapidement et plus fortement qu'ailleurs et qui joue le rôle de locomotive en Asie, où les indicateurs avancés s'inversent. Le mois dernier, le moral des directeurs d'achats est repassé au-dessus de 50 en Chine, tandis que le volume des prêts bancaires augmente fortement. La spectaculaire reprise de l'indice Baltic Dry, après plusieurs mois de repli, laisse augurer un rebond important de l'activité de fret et donc du commerce international dont sont dépendantes les économies de la zone. Signe d'une demande accrue de l'industrie, le cours du cuivre -dont la Chine est le premier consommateur mondial-, se reprend de 60% depuis ses plus bas de décembre dernier. Par ailleurs, l'accord bilatéral avec le Brésil, dont elle est le principal partenaire commercial devant les États-Unis, pour libeller leurs échanges dans leurs devises respectives, semble redonner vie à une certaine idée du découplage… et ne manquera pas de peser sur le dollar.

Avec des valorisations qui demeurent attractives, les marchés asiatiques présentent encore à nos yeux des opportunités d'investissement d'un point de vue fondamental. La diversification des activités y est meilleure qu'il y a quelques années et les réserves de change massives sont de nature à rassurer. Techniquement, le repli de 2007 - 2009 sur ces zones amplifié par des phénomènes de flux, a été comparable à celui des marchés développés, alors que leur croissance a davantage résisté.

Julien Vincenti, gérant pôle allocation d’actifs


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