CCR AM : Inflation, un indicateur en ligne de mire

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Communiqué

Inflation : un indicateur en ligne de mire

L’alternative déflation ou retour de l’inflation a pesé sur la première moitié de l’année 2009.

Si le spectre du premier terme semble s’éloigner, les craintes du second apparaissent exagérées dans un avenir proche.

L’analyse des déterminants de l’inflation sous- jacente (hors éléments volatils, pétrole et alimentation) expliquent sa tendance structurelle à moyen terme qui s’est révélée étonnamment mesurée même dans le contexte de la crise actuelle.

Economiquement, les fondamentaux paraissent clairs : le taux de chômage est élevé, les ménages, endettés, sont entrés dans une phase de thésaurisation, la sous-utilisation des capacités de production augure mal d’un retour rapide de l’investissement ou d’une poussée des coûts salariaux. Cette configuration est typique d’une reprise plutôt lente, peu génératrice d’inflation.

Même si des poussées inflationnistes apparaissent sur le segment des matières premières, du fait de l’augmentation de la demande des pays émergents, elles n’auront probablement pas un impact significatif sur le prix des produits finis (faiblesse du « pricing power » des entreprises).

La concurrence est internationale, limitant toute tension sur les prix, et les créanciers des dettes publiques se situent hors des frontières nationales. La tentation protectionniste est improbable, les tensions commerciales, voire politiques, nuisibles.

Du point de vue de la dette des Etats, la croissance, à elle seule, sera insuffisante pour la stabiliser, mais l’idée d’en alléger la charge en laissant courir l’inflation parait irréelle.

Si l’explosion de la masse monétaire plaide habituellement pour une hausse des prix, la situation actuelle est fort différente d’une situation normale, parce que le pouvoir multiplicateur monétaire s’est effondré, étant donné la rareté du crédit bancaire.

Les obligations indexées sur l’inflation ont dans un passé proche bénéficié d’un soutien technique : l’offre est resté limitée alors que la demande en titre d’Etats était forte.

Leur intérêt reste justifié, car elles dépendent davantage de l’anticipation de l’inflation.

Par exemple, la volatilité des matières premières (surtout du pétrole), amplifiée par des comportements spéculatifs, crée des éléments de distorsion de l’inflation globale, propres à générer de la « prime de risque » d’inflation.

Les break-evens, qui sont à un plus bas historique, présentent les OATi comme une alternative aux obligations à taux fixes, lesquelles pâtiront des premiers signes de remontée des taux.

Frédéric Penel, Responsable gestion de Taux CCR Asset Management


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