CCR AM : Banques, fin de la chasse aux sorcières ?

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C’est la fin de l’interdiction des ventes à découvert sur les titres français du secteur financier, quelles sont les conséquences ?

Les mesures restrictives de trading prises au plus fort de la crise financière commencent à être levées, c'est un signal fort. La confiance des autorités boursières sur la perception de solidité des banques françaises est de retour et la liquidité du marché en sera améliorée.

Toutefois, signalons que dorénavant les investisseurs détenant une position short nette égale ou supérieure à 0,2% du capital d'une société cotée doivent déclarer cette position à l'AMF dans un délai d'une journée de négociation. Si la position est égale ou dépasse les 0,5 %, l'AMF la rendra publique, ce qui signifie que les ventes short agressives seront sous les feux de l’actualité et donc plus difficile à mettre en place.

Cette levée de l’interdiction peut donner l’impression qu’après l’urgence, la période où les banques faisaient profil bas est terminée…

C’est une analyse un peu trop rapide de la situation. Oui, nous sommes certainement entrés en phase de normalisation sur le secteur financier, la chasse aux sorcières est probablement derrière nous et les cours des principaux acteurs l’attestent en ce début d’année.

Cela dit, cette période de normalisation va prendre un certain temps. Le profil bas adopté par les banques va perdurer encore quelques années. En effet, les mesures réglementaires imposées par Bâle 3 obligent au minimum une forte remontée du capital pour continuer à exercer leurs métiers. Il y aura des traces et notamment concernant les dividendes annuels versés aux actionnaires. Le ratio de distribution sera limité à mon sens à un maximum de 30 à 35% des bénéfices pendant encore les trois prochaines années mais pour certains acteurs, l’actionnaire n’aura rien.

Dans ce contexte, comment vous positionnez-vous sur les banques ?

Les investisseurs étant restés à l’écart du secteur financier pendant l’année 2010, il y a par conséquent encore de belles opportunités à saisir au sein des banques. Ainsi et au-delà du rebond quasi général auquel nous venons d’assister, il s’agit de revenir sur les acteurs les plus solides, ceux qui ont pu profiter de la crise pour se renforcer et qui ont publié des résultats positifs en période de crise, démontrant leur résistance en période de stress intense.

On trouve actuellement encore certaines de ces banques autour d’une fois leur valeur d’actif net comptable (Price/book ratio). Il y a cinq ans, il fallait payer BNP 2,5 fois la book value et Santander 3,5 fois ! D’autres acteurs encore très puissants se traitent bien en-dessous de leur actif net comptable tel que Deutsche Bank à 0,8, Barclays 0,6 et Intesa 0,5 fois leur book value. Il y a donc encore clairement des opportunités et c’est sur ces entreprises que je focaliserai mon intérêt.

Si on devait n’en avoir qu’une dans un portefeuille, quelle est celle qui retiendrait votre attention ?

Spontanément je répondrais la BNP, encore trop bon marché et gérée avec clairvoyance. Elle n’a pas commis de faute pendant la crise, publié des résultats dans le vert chaque trimestre et fait donc preuve d’une grande qualité dans sa gestion des risques. L’entreprise s’est renforcée pendant la crise en acquérant à bon compte Fortis, s’assurant ainsi une croissance bénéficiaire solide. En banque d’investissement, la société figure maintenant en tête des classements, ce qui la rend incontournable à l’avenir et lui garantit des revenus conséquents. Enfin, la BNP a un ratio de fonds propres déjà élevé, ce qui lui permettra très certainement de distribuer un dividende relativement élevé à ses actionnaires et devrait faire la différence, cette fois en bourse.

Eric Bleines

Responsable Actions CCR Asset Management

Les informations mentionnées dans cet article ne constituent en aucune façon une analyse financière. Ces informations ne sont donc pas soumises aux dispositions règlementaires visant à promouvoir l'indépendance des analyses financières et interdisant le prestataire de services d'investissement d'effectuer des transactions sur l'instrument concerné avant la diffusion de la communication.

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