Cazeneuve réticent à fournir aux maires une liste des fichés S

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CAZENEUVE NE DISTRIBUERA PAS AUX MAIRES UNE LISTE DES FICHÉS S
CAZENEUVE NE DISTRIBUERA PAS AUX MAIRES UNE LISTE DES FICHÉS S

Paris (Reuters) - Fournir aux maires le nom des personnes fichées S présentes dans leur commune comme le réclament plusieurs édiles est juridiquement impossible et pourrait s'avérer contre-productif, souligne Bernard Cazeneuve dans le Journal du Dimanche.

Quelque 20.000 personnes soupçonnées de constituer une menace à la sécurité de l'Etat font en France l'objet d'une fiche S, dont 10.500 pour des raisons liées à une radicalisation islamiste, selon les chiffres officiels fournis fin 2015.

"Les élus sont légitimes à demander une meilleure information sur le phénomène de radicalisation dans le respect scrupuleux du droit", estime le ministre de l'Intérieur dans les colonnes du JDD.

Les individus fichés S sont "surveillés et non judiciarisés, ce qui indique que leur dangerosité n’est pas avérée", souligne-t-il. En outre, "la communication d’une fiche S est impossible pour des raisons réglementaires, en vertu d’un décret du 28 mai 2010. Cette impossibilité juridique, qui protège la confidentialité de ce genre d’information, protège leur existence même."

Cette confidentialité est la condition de l’aboutissement des enquêtes, souligne Bernard Cazeneuve. "Si nous avons arrêté 355 personnes (en lien avec des réseaux terroristes depuis le début de l'année-NDLR), c’est parce que les policiers ont pu travailler en toute confidentialité avec efficacité".

Le débat sur cette question avait été alimenté en septembre par le maire Les Républicains d'Evreux, Guy Lefrand, qui avait tenté - en vain - d'obtenir auprès du préfet la liste de personnes soupçonnées de radicalisation résidant sur sa commune.

Plusieurs édiles ont joint depuis leur voix à la sienne et selon Le Figaro, des responsables de l'Association des maires de France (AMF) devraient rencontrer Bernard Cazeneuve la semaine prochaine à ce sujet.

"Nous devons trouver un dispositif qui permette d’associer les maires au processus de prévention et de déradicalisation et qui n’obère pas l’efficacité des services de renseignement – ce que les élus, dans leur immense majorité, comprennent très bien", souligne le ministre de l'Intérieur dans le JDD.

(Marine Pennetier)

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  • 2445joye le dimanche 9 oct 2016 à 16:20

    A défaut de les fournir aux maires, ne pourrait-on les fournir aux simples citoyens, afin de savoir à côté de qui on est assis dans le métro.