Cazeneuve, Monsieur Catastrophe

le , mis à jour à 09:09
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Cazeneuve, Monsieur Catastrophe
Cazeneuve, Monsieur Catastrophe

Ils sont une trentaine autour de l’imposante table ovale qui occupe toute la salle interministérielle de crise, au sous-sol de la Place Beauvau. Les principaux responsables de la sécurité du pays entourent le ministre de l’Intérieur : un responsable de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), le directeur général de la police nationale (DGPN), la conseillère spéciale... On entend à peine le froissement de notes confidentielles lors de cette énième réunion sur la sécurité de l’Euro 2016 qui s’est tenue hier. Le timing est millimétré. D’une voix doucereuse, Bernard Cazeneuve rappelle à l’ordre Jacques Lambert, président de l’Euro 2016. Les forces de sécurité sont amenées à épauler les organisateurs à l’intérieur des stades pour garantir l’ordre, or cela ne devrait pas être le cas. Le ton est monocorde, la réprimande n’en est pas moins cinglante.

 

Elle est caractéristique du style Cazeneuve : une arme de poing dans un étui de velours. A 53 ans, cet avocat de formation a su se rendre incontournable, au fil du quinquennat, depuis l’ombre du ministère des Affaires européennes (mai 2012), l’austère portefeuille du Budget (mars 2013) jusqu’à la très visible Place Beauvau (avril 2014). Une ascension fulgurante pour ce Picard plutôt réservé et flegmatique qui est vraiment entré dans la vie des Français, au moment des attentats de « Charlie Hebdo » en janvier 2015, puis du 13 novembre dernier. Impeccable dans ses costumes soignés, il surgit aussi sur les écrans dans les foyers, au gré de toutes les catastrophes qui frappent le pays. Il accourt sur les lieux, toujours entouré d’un essaim de caméras.

 

Son exposition atteint son paroxysme avec l’Euro 2016, dans un contexte éminemment complexe. La « menace terroriste très élevée » à laquelle s’ajoute la gestion des forces de police, surmenées, et éprouvées après l’assassinat de leurs deux collègues à ...

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