Cazeneuve lance un plan contre le trafic d'armes en France

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(Actualisé avec détails sur les mesures) PARIS, 13 novembre (Reuters) - Le ministre français de l'Intérieur a dévoilé vendredi un plan contre le trafic et la prolifération des armes à feu en France, dont la mise en place d'un nouveau fichier national d'identification balistique. La France déplore chaque année 1.800 décès par arme à feu, dont 1.400 suicides et 140 homicides, tandis que les forces de l'ordre saisissent chaque années près de 5.000 armes, a expliqué Bernard Cazeneuve devant la presse. En marge du marché légal s'est développé un important trafic en provenance d'Etats de l'Union européenne ou "de pays disposant d'importants arsenaux de guerre tombés aux mains de civils ou d'organisation mafieuses, notamment à la suite de l'effondrement du bloc soviétique", a-t-il ajouté. En outre, de nouveaux trafiquants exploitent les différences de législation en Europe tandis que la vente illégale sur internet est en pleine expansion. "Ce trafic alimente et supporte d'autres formes de criminalité comme les règlements de comptes et les trafics de stupéfiants", a souligné Bernard Cazeneuve, qui a fait également état d'une "porosité avec le terrorisme". Le ministre de l'Intérieur a donc annoncé 21 mesures, dont des opérations de contrôle ciblées sur les axes routiers empruntés par les filières d'importation d'armes. Le dispositif prévoit aussi la création d'un service national de coordination au ministère de l'Intérieur début 2016 et un renforcement des capacités de renseignement sur la circulation des armes, ainsi qu'un alourdissement des peines. Le nouveau fichier national d'identification balistique, opérationnel en 2016, permettra des comparaisons plus efficaces, espère le ministre, selon qui les systèmes répertoriant les armes trouvées dans le cadre d'affaires judiciaires seront unifiés pour faciliter les recoupements. L'accent sera par ailleurs mis sur l'étude des filières transfrontalières et sur la surveillance des clubs de tir et des armureries. Bernard Cazeneuve a également expliqué vouloir déstabiliser les filières de trafic "tout au long de la séquence qui va de l'approvisionnement sur internet jusqu'au recel dans les quartiers. "Seront ainsi développées les cyber-patrouilles sous pseudonyme pour les policiers chargés de traquer les trafiquants sur internet", a-t-il dit. Parallèlement, des actions de contrôle ciblées seront développées dans les quartiers sensibles, en particulier dans les zones de sécurité prioritaires (ZSP). (Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)

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