Cavani-Pastore, les déçus de Londres avaient un message

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Edinson Cavani et Javier Pastore ont profité dimanche de la démonstration parisienne à Troyes (0-9) pour se mettre en évidence, quatre jours après avoir débuté sur le banc contre Chelsea (1-2). Le compte à rebours est lancé avant le retour de la C1.

DE NOTRE ENVOYE SPECIAL A TROYES

Pour eux, ce déplacement à Troyes n’était pas une fin en soi. Il était même plutôt un point de départ, le début d’une course contre-la-montre de trois semaines jusqu’au quart de finale aller de Ligue des Champions. Edinson Cavani et Javier Pastore ont activement participé dimanche dans l’Aube à la démonstration consacrant le PSG champion de France (0-9). Un vrai message envoyé à leur entraîneur, quatre jours après avoir débuté sur le banc le match contre Chelsea (1-2), incontestablement le plus important de la semaine parisienne. Les deux hommes avaient pourtant une réelle opportunité d’être titulaires à Stamford Bridge, Cavani au vu de sa forme du moment et Pastore avec le forfait de Marco Verratti. Mais leurs espoirs ont pris fin quelques heures seulement avant le coup d’envoi à Londres et les prestations d’Adrien Rabiot ou de Lucas ont quasiment fait oublier leur absence.

Cavani-Ibra, encore de la friture sur la ligne

Il leur fallait ainsi répondre au plus vite pour conserver une chance de bouleverser la hiérarchie d’ici à début avril et au retour de la C1. Ils l’ont fait, chacun dans leur registre. Dans l’entame timide du PSG, Cavani et Pastore se sont montrés les plus impliqués. Défensivement d’abord, où l’Uruguayen s’est illustré dans son style caractéristique avec un tacle sur la ligne médiane (6eme) et où l’Argentin a glâné des ballons précieux au milieu de terrain (huit au total). Mais c’est surtout sur l’impact offensif qu’ils étaient jugés. Cavani a frappé le premier. Mis en confiance par une aile de pigeon géniale vers Zlatan Ibrahimovic (11eme), il a profité d’une passe en retrait improbable de Mathieu Saunier pour ouvrir le score en deux temps (0-1, 13eme). Une action sur laquelle il aurait tout aussi bien pu servir Ibra, ce que le géant suédois lui a fait payer plus tard, en ne le servant pas dans une position pourtant idéale (27eme). Ce fut ensuite au tour de Pastore de se mettre en action. La talonnade d’Ibrahimovic au départ de l’action n’était qu’un apéritif pour ce qui a suivi : un slalom d’« El Flaco » dans la défense troyenne avant de battre Mathieu Dreyer d’un subtil ballon piqué (0-2, 18eme).

Une fois lancé, Pastore était inarrêtable

Ce bijou a définitivement lancé l’après-midi du numéro 27 du PSG, le plus inspiré de son équipe sur le plan technique et celui qui a touché le plus de ballons (110). Tout y est passé, d’un grand pont sur Mouhamadou Dabo à des arabesques en tous genres. Ses passes tranchantes, comme ce décalage sur Angel Di Maria (28eme) ou cet échange avec Ibrahimovic qu’il a initié pour finalement passer tout proche du doublé (40eme), ont illuminé la prestation parisienne. L’une de ses transmissions pleines de classe aurait pu offrir un doublé à Cavani, mais « El Matador » a buté sur Dreyer et Rabiot est passé par là pour conclure (0-3, 19eme). Un raté qui a semblé sortir l’ancien Napolitain des débats, tant ses erreurs techniques se sont multipliées et son entente avec ses partenaires, dans les déplacements par exemple, s'est montrée encore très perfectible. C’est alors que les échos de son spleen après sa non-titularisation contre Chelsea sont apparus plus visibles et ont pesé plus lourd sur ses épaules. Des épaules fragilisées par trois ans à se traîner sur un côté sans parvenir à s’imposer dans l’axe.

Cavani avait de la frustration à évacuer

Il a néanmoins lancé Ibrahimovic sur la voie d’un coup du chapeau en dix minutes, d’une passe que la star du PSG a converti tout en puissance (0-4, 46eme). Comme un symbole, quand Zlatan a passé la vitesse supérieure avec le concours d’Angel Di Maria, Cavani et Pastore sont retournés à une forme d’anonymat. Mais ça n'a duré qu'un quart d'heure. Un slalom spécial sur quarante mètres de l’Argentin a fait frissonner de plaisir un public admiratif (69eme) et son compère de galère à Stamford Bridge a transformé, en deux temps encore, un penalty qu’il a lui-même provoqué (0-8, 76eme). Un but suivi d’une joie significative, comme sur l’ouverture du score, de son envie débordante de la frustration à évacuer. Pastore a ensuite égayé sa prestation haut de gamme avec un service parfait pour le quadruplé d'Ibrahimovic (0-9, 87eme), avant de vendanger une balle de 0-10 (89eme). Dans la fin de saison excitante qui s’annonce pour leur équipe, les deux Sud-Américains ont démontré qu'ils avaient de quoi aspirer à un autre rôle que celui qui leur était dévolu cette semaine. Celui de jokers de luxe remplaçants en C1 et titulaires en championnat pour permettre aux héros européens. Ils ont encore trois semaines pour faire changer leur statut.

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