Catherine Hiegel : « L'immense vague réactionnaire me fait peur »

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Catherine Hiegel lors de la remise des Molières à Creteil en 2011
Catherine Hiegel lors de la remise des Molières à Creteil en 2011

La comédienne, metteuse en scène, infirmière inoubliable de « La Vie est un long fleuve tranquille », joue dans « Un Air de famille », au théâtre de la Porte Saint-Martin à Paris.

Je ne serais pas arrivée là si…

… Si mon père ne m’avait pas obligée à devenir comédienne.

A quel âge vous en a-t-il parlé ?

A 7 ans. Dès que j’ai su lire et écrire, il a commencé à me faire travailler. Mon père, Pierre Hiegel, était musicologue. Les jeudis après-midi, je faisais de la radio et des disques avec lui. Dans des émissions sur la vie des grands musiciens, je posais des questions. Sur le disque des Misérables, je faisais Cosette ; dans Viens valser avec papa, d’André Claveau, qui fut un tube à l’époque, je riais sur la chanson… Un jour, je devais avoir 15-16 ans, ma mère m’a dit : « Allez, dis-le à ton père que tu n’es pas faite pour être comédienne mais pour être mère de famille. » Cette phrase m’a vexé et m’a sans doute déterminé. Je me suis laissée faire par papa et j’ai suivi ses conseils : j’ai arrêté l’école en seconde, malgré un premier prix de mathématiques.

C’est rare qu’un père dise à sa fille : « Arrête l’école et soit comédienne. »

Avant la guerre, il voulait être comédien. Il a toujours eu cette frustration. Il fallait probablement que cela passe par un de ses enfants.

Vous êtes la dernière de la fratrie, pourquoi vous ?

Parce que les deux autres ont fait leur mauvaise tête. Il ne restait que moi. Peut-être a-t-il mis un acharnement plus fort qu’avec mon frère et ma sœur. Peut-être aussi que j’avais une nature différente. J’étais un peu le clown de la famille, celle qui faisait des bêtises.

A-t-il été difficile d’arrêter l’école ?

Non. Cela m’...

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  • M8252219 il y a 10 mois

    Elle semble mieux apprécier de laisser aller à vau l'eau notre civilisation .