Catherine Ashton tente une nouvelle médiation en Egypte

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L'UE PRÔNE LE DIALOGUE ENTRE LES AUTORITÉS ÉGYPTIENNES ET LES FRÈRES MUSULMANS
L'UE PRÔNE LE DIALOGUE ENTRE LES AUTORITÉS ÉGYPTIENNES ET LES FRÈRES MUSULMANS

par Matt Robinson et Maggie Fick

LE CAIRE (Reuters) - Catherine Ashton, porte-parole de la diplomatie de l'Union européenne (UE), a tenté une nouvelle médiation lundi entre les autorités égyptiennes et les Frères musulmans, mais les deux camps sont restés sur leurs positions après les affrontements du week-end, durant lesquels 80 membres de la confrérie ont été tués.

Les Etats-Unis ont condamné la répression du week-end, tout en indiquant que leur aide financière à l'Egypte n'était pas pour autant remise en cause, en l'état actuel des choses.

Catherine Ashton, qui effectue sa deuxième mission en Egypte en 12 jours, n'a fait aucune déclaration publique au terme de la journée, mais les partisans et les opposants à l'ex-président Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans, n'ont pas fait mystère de l'ampleur de leurs désaccords.

La porte-parole de la diplomatie européenne, venue pour préconiser un "processus de transition qui englobe tout le monde et prenne en compte l'ensemble des groupes politiques, y compris les Frères musulmans", devrait s'adresser à la presse mardi.

"C'est très simple, on n'avance pas", a déclaré Gehad El Haddad, porte-parole de la confrérie, en soulignant que son mouvement comptait bien poursuivre ses sit-in, malgré l'ordre lancé par le gouvernement d'y renoncer.

"Nous allons intensifier le mouvement de contestation", a dit El Haddad à Reuters.

Quelques centaines de partisans des Frères musulmans ont de fait défilé dans la soirée entre leur lieu de sit-in, autour d'une mosquée du nord-est du Caire, vers le siège du ministère de l'Intérieur en scandant "A bas le régime militaire".

Des milliers de partisans des Frères musulmans campent depuis près d'un mois aux abords de la mosquée Rabaa al Adaouiya en exigeant le rétablissement de Mohamed Morsi dans ses fonctions.

Catherine Ashton a rencontré lundi le chef de l'armée et ministre de la Défense, le général Abdel Fattah al Sissi, qui a piloté la destitution de Mohamed Morsi. Elle a vu également le vice-président par intérim Mohamed ElBaradeï et le ministre des Affaires étrangères par intérim, Nabil Fahmy.

DEUX PERSONNALITES ARRÊTÉES

Mohamed ElBaradeï, cité par l'agence officielle Mena, a dit avoir déclaré à la diplomate européenne que les autorités égyptiennes faisaient tout ce qui était en leur pouvoir pour "trouver une issue positive à la crise actuelle, afin de ne faire couler le sang d'aucun Egyptien".

Catherine Ashton a également rencontré des cadres du Parti de la liberté et de la justice (PLJ), émanation politique des Frères musulmans.

Même si l'UE est le premier donateur en matière d'aide civile à l'Egypte, elle est dans l'ensemble un partenaire moins important pour le Caire que les Etats-Unis, qui fournissent entre 1,5 et 1,6 milliard de dollars d'aide annuelle, dont 1,3 au titre de l'assistance militaire.

Dans la journée, un cortège de plusieurs milliers de partisans de Mohamed Morsi est parti de la mosquée Rabaa al Adaouia, dans le nord-est du Caire, où des sympathisants des Frères musulmans observent un sit-in de protestation depuis la destitution de l'ancien président. Le cortège a pris la direction du siège des Renseignements militaires.

Les manifestants ont finalement rebroussé chemin, après une mise en garde de l'armée leur enjoignant de rester à l'écart des "sites militaires en général et du siège des renseignements militaires en particulier".

La police a par ailleurs arrêté lundi matin deux personnalités du parti Ouassat, une formation islamiste orientée au centre et alliée de Mohamed Morsi.

Le général Sissi, qui a été nommé par Mohamed Morsi avant de se retourner contre lui, a fait dimanche sa première apparition publique depuis les affrontements de samedi, souriant devant les caméras de télévision.

L'armée assure ne pas vouloir garder le pouvoir et rendre les pleins pouvoirs aux civils à l'issue d'élections parlementaires dans un délai d'environ six mois. La mise en avant du général Sissi, qui apparaît fréquemment dans les médias, a cependant jeté le doute sur les intentions des militaires, au pouvoir pendant de longues années, y compris pendant la période qui a suivi la chute d'Hosni Moubarak en février 2011, jusqu'à l'élection de Mohamed Morsi il y a un an.

Avec Tom Perry et Michael Georgy; Jean-Stéphane Brosse, Hélène Duvigneau, Julien Dury et Eric Faye pour le service français, édité par Pascal Liétout

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