Casino veut tourner la page Cnova après 18 mois d'échec

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CASINO RÉORGANISE CNOVA APRÈS 18 MOIS D'ÉCHEC
CASINO RÉORGANISE CNOVA APRÈS 18 MOIS D'ÉCHEC

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Casino a engagé la réorganisation de ses opérations de e-commerce regroupées sous la bannière Cnova, défaisant ce qu'il avait constitué deux ans plus tôt et retirant Cnova de la cote aux Etats-Unis, où son cours s'est effondré.

Casino avait créé Cnova en 2014 - une structure regroupant à la fois ses activités de e-commerce au Brésil (Cnova Brésil) et celles de CDiscount en France - dont il détient 43% du capital.

Il l'avait introduite sur le Nasdaq en novembre 2014 malgré des vents contraires liés notamment aux remous de l'économie brésilienne. A 7,00 dollars, le prix était deux fois inférieur à la fourchette initialement prévue, et la part de flottant limitée à 8%.

Près de 18 mois plus tard, plombée par les pertes de Cnova Brésil - frappée par la crise et des fraudes comptables à répétition - le titre se traite à 3,40 dollars, après avoir touché 3,0 dollars avant que des spéculations sur un retrait de la cote ne fassent remonter son cours.

Aujourd'hui, Casino veut intégrer Cnova Brésil à Via Varejo, sa filiale de distribution de produits électroniques et électroménagers, tandis qu'il lancera une offre publique d’achat sur les minoritaires de Cnova à 5,50 dollars.

A l'issue de l'opération, Cnova ne détiendra plus que CDiscount, un leader du e-commerce en France.

"Cette opération, qui vise à simplifier la structure du groupe, permettrait à Cnova de se recentrer via CDiscount sur le e-commerce en France, marché où il bénéficie d'une position de leader et de relais de croissance identifiés", a indiqué Casino dans un communiqué.

Le groupe confirme des informations de Reuters, qui avait révélé, de source proche du dossier, que Casino envisageait de retirer Cnova de la Bourse.

CASINO REDUT SON EXPOSITION AU BRÉSIL

Cette simplification sanctionne l'échec de la création de Cnova et d'une cotation présentée alors comme le moyen d'accompagner le développement d'un acteur mondial du e-commerce grâce à un marché boursier stratégique pour le secteur.

"La création d'un leader mondial du e-commerce à partir de deux leaders nationaux, en France et au Brésil, aurait demandé du temps et des investissements", commente Christian Devismes, analyste de CM-CIC, pour qui "la martingale financière de 'cristallisation' de la valeur cachée des actifs s'est quelque peu fracassée sur la crise brésilienne".

La société fait également l'objet d'actions de groupe aux Etats-Unis pour divulgation d'informations trompeuses liées à des irrégularités comptables et de gestion de stocks.

Un autre analyste souligne pour sa part que Cnova "a été un échec incontestable. Il n'y avait pas de synergies entre le Brésil et la France".

Mais, ce faisant, Casino va réduire son exposition à des actifs très cycliques et très touchés par la crise brésilienne, ce qui a été salué par le marché.

"Casino réduit son exposition à des actifs à problèmes et le marché apprécie", note un analyste.

Le titre grimpe de 6,2% à 54,23 euros à 12h20, signant la plus forte hausse du SRD.

Selon les estimations des analystes de Bernstein, la baisse de détention de Casino au capital de Cnova Brésil pourrait avoir un effet relutif de 6% sur le bénéfice par action du groupe.

Le solde du capital de Cnova est aujourd'hui détenu à 27% par GPA, filiale de distribution alimentaire de Casino au Brésil et à 22% par Via Varejo.

Casino fera une offre de rachat sur le flottant de Cnova pour un montant maximal de 196 millions de dollars. Cette opération sera conditionnée au rapprochement de Cnova Brésil et de Via Varejo.

(Pascale Denis, édité par Jean-Michel Bélot)

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