Casa souffre au T1, se dit blessé par les "Panama papers"

le , mis à jour à 10:37
2
    * La banque se dit blessée par l'article du Monde 
    * Elle dit lutter contre le blanchiment et la fraude fiscale 
    * Le résultat net en forte baisse au T1 
    * Les taux d'intérêts bas pèsent sur LCL 
    * La volatilité a nui aux activités de marchés 
 
    par Julien Ponthus et Maya Nikolaeva 
    PARIS, 12 mai (Reuters) - Crédit agricole S.A.  CAGR.PA  a 
annoncé jeudi des résultats en forte baisse au premier 
trimestre, pénalisés à la fois par des conditions de marchés 
difficiles et par les effets comptables de l'opération "Eurêka", 
qui réorganise la structure capitalistique du groupe mutualiste. 
    Cette publication intervient alors que la banque et BNP 
Paribas  BNPP.PA  font la première page du journal Le Monde, qui 
évoque l'utilisation de sociétés offshore dans des paradis 
fiscaux en lien avec le cabinet panaméen Mossack Fonseca, dont 
les fuites de données confidentielles ont alimenté le scandale 
des "Panama papers".   
    "Cet article nous blesse beaucoup", a commenté le directeur 
général de la banque, qui dénonce une présentation "trompeuse" 
de ses activités. 
    "Il nous blesse parce qu'il balaie d'un revers de titre, que 
nous trouvons très violent, le fait que depuis plusieurs années 
nous avons réellement, réellement, mis en oeuvre un programme 
sans ambiguïté de lutte contre le blanchiment et de lutte contre 
l'évasion fiscale", a assuré Philippe Brassac. 
    Ce dernier a concédé que certains de ses clients utilisaient 
encore ce type de structure mais que la banque s'était assurée 
dès la fin 2014 que toute sa clientèle française était en règle 
avec les autorités fiscales, une disposition appliquée fin 2015 
aux clients européens et qui le sera pour le reste du monde en 
2017.  
    Seule en première ligne depuis l'éclatement du scandale des 
"Panama papers", la Société générale  SOGN.PA  a été rejointe 
dans la tourmente mercredi par Crédit agricole et BNP Paribas 
 BNPP.PA , dont les présidents ont été sommés par Bercy de 
donner des "explications" sur leurs activités dans les paradis 
fiscaux. 
     
    LCL SOUFFRE DES TAUX BAS  
    Sur le front des résultats financiers, Crédit agricole S.A., 
avec des profits en baisse de 71% à 227 millions d'euros au 
premier trimestre, se démarque néanmoins de ses deux grandes 
consoeurs françaises cotées, qui ont elles tiré leur épingle du 
jeu au premier trimestre, notamment grâce à leurs banques de 
détail. 
    Le résultat net, qui s'établit en deça du consensus Reuters 
de 278 millions d'euros, s'explique d'une part par des effets 
comptables et le lancement du rachat par les 39 caisses 
régionales de la participation de 25% détenue par Casa dans ces 
dernières.  
    Hors tous ces effets, la baisse des bénéfices se limite à 
9,3%, une performance néanmoins toujours plus faible que celle 
de ses deux rivales. 
    Le produit net bancaire publié, s'inscrit aussi en retrait, 
de 12,8% à 3,799 milliards d'euros.   
    La banque de détail de Casa, LCL, a notamment souffert de la 
persistance de taux d'intérêts très bas et a vu son résultat net 
chuter de 31,8% à 85 millions d'euros pour les trois premiers 
mois de l'année.  
    "Les taux ont continué de baisser et conduisent, dans la 
banque de proximité, à la poursuite des renégociations de taux 
des crédits ou aux remboursements anticipés par les 
particuliers", explique Casa, désormais privée de sa part des 
bénéfices des caisses régionales. 
     
    LES CONDITIONS DE MARCHES ONT PESEZ   
    L'opération "Eurêka" renforce son exposition à la banque de 
financement et d'investissement (BF), beaucoup plus sensible par 
nature aux aléas des marchés, alors que ces derniers ont été 
particulièrement mouvementés début 2016.  
    Le pôle Grandes clientèles, qui regroupe notamment les 
activités de marchés, a vu son résultat net publié tomber d'un 
peu plus de 50% à 163 millions d'euros, du fait, selon la 
banque, "de mauvaises conditions de marché les deux premiers 
mois de l'année".  
    Le profil économique de Casa se rapproche un peu de celui de 
Natixis  CNAT.PA , la banque d'affaires cotée de son cousin 
mutualiste BPCE, qui, sans activité dans la banque de détail, a 
elle aussi souffert au premier trimestre de la tempête qui a 
secoué la finance mondiale.   
    Casa a dit croire en la "solidité" de son business modèle, 
demontré selon elle par le fait que l'étendue des différents 
métiers qu'elle exerce lui permet de compenser des baisses 
d'activités intervenues dans certains secteurs.  
    La division Gestion de l'épargne et assurances a, comme 
celle des Services financiers spécialisés, vu ses profits 
croître au cours du trimestre, s'est ainsi félicitée la banque. 
 
 (Julien Ponthus et Maya Nikolaeva, édité par Jean-Michel Bélot 
et Bertrand Boucey) 
     * La banque se dit blessée par l'article du Monde 
    * Le résultat net en forte baisse au T1 
    * Les taux d'intérêts bas pèsent sur LCL 
    * La volatilité a nui aux activités de marchés 
    * Le titre chute en Bourse, pire performance du CAC 40 
 
 (Actualisé avec cours de Bourse, commentaire) 
    par Julien Ponthus et Maya Nikolaeva 
    PARIS, 12 mai (Reuters) - L'action Crédit agricole S.A. 
 CAGR.PA  a chuté en Bourse jeudi après la publication de 
résultats en forte baisse au premier trimestre, pénalisés à la 
fois par des conditions de marchés difficiles et par les effets 
comptables de l'opération "Eurêka", qui réorganise la structure 
capitalistique du groupe mutualiste. 
    Cette publication intervient alors que la banque et BNP 
Paribas  BNPP.PA  font la première page du journal Le Monde, qui 
évoque l'utilisation de sociétés offshore dans des paradis 
fiscaux en lien avec le cabinet panaméen Mossack Fonseca, dont 
les fuites de données confidentielles ont alimenté le scandale 
des "Panama papers".   
    "Cet article nous blesse beaucoup", a commenté le directeur 
général de la banque, qui dénonce une présentation "trompeuse" 
de ses activités. 
    "Il nous blesse parce qu'il balaie d'un revers de titre, que 
nous trouvons très violent, le fait que depuis plusieurs années 
nous avons réellement, réellement, mis en oeuvre un programme 
sans ambiguïté de lutte contre le blanchiment et de lutte contre 
l'évasion fiscale", a assuré Philippe Brassac. 
    Ce dernier a concédé que certains de ses clients utilisaient 
encore ce type de structure mais que la banque s'était assurée 
dès la fin 2014 que sa clientèle française était en règle avec 
les autorités fiscales, une disposition appliquée fin 2015 aux 
clients européens et qui le sera pour le reste du monde en 2017. 
    Seule en première ligne depuis l'éclatement du scandale des 
"Panama papers", Socgen  SOGN.PA  a été rejointe dans la 
tourmente mercredi par Crédit agricole et BNP Paribas  BNPP.PA , 
dont les présidents ont été sommés par Bercy de donner des 
"explications" sur leurs activités dans les paradis fiscaux. 
     
    LCL SOUFFRE DES TAUX BAS  
    Sur le front des résultats financiers, Casa, avec des 
profits en baisse de 71% à 227 millions d'euros au premier 
trimestre, se démarque néanmoins de ses deux grandes consoeurs 
françaises cotées, qui ont elles tiré leur épingle du jeu au 
premier trimestre, notamment grâce à leurs banques de détail. 
    Contrairement aussi à ces deux dernières dont les résultats 
ont été salués en Bourse, Casa signait jeudi la pire performance 
du CAC 40 avec une baisse de 5,21% à 8,62 euros à 10h22. Au même 
moment l'indice pan-européen des banques  .SX7P  affichait un 
recul limité à 0,79%.    
    La forte baisse résultat net de Casa, qui s'établit en deçà 
du consensus Reuters de 278 millions d'euros, s'explique par des 
effets comptables et le rachat par les 39 caisses régionales de 
la participation de 25% détenue par Casa dans ces dernières.  
    Hors tous ces effets, la baisse des bénéfices se limite à 
9,3%, une performance néanmoins toujours plus faible que celle 
de ses deux grandes rivales. 
    Le produit net bancaire publié, s'inscrit aussi en retrait, 
de 12,8% à 3,799 milliards d'euros.   
    La banque de détail de Casa, LCL, a notamment souffert de 
taux d'intérêts historiquement bas et a vu son résultat net 
chuter de 31,8% à 85 millions d'euros.  
    "Le retail banking est clairement mauvais, l'acquisition de  
clients s'est faite au détriment de la marge d'intérêt", a 
commenté un analyste alors que Casa est à l'offensive sur le 
plan commercial malgré des conditions difficiles.  
    "Les taux ont continué de baisser et conduisent, dans la 
banque de proximité, à la poursuite des renégociations de taux 
des crédits ou aux remboursements anticipés par les 
particuliers", explique Casa, désormais privée de sa part des 
bénéfices des caisses régionales. 
     
    LES CONDITIONS DE MARCHES ONT PESEZ   
    L'opération "Eurêka" renforce son exposition à la banque de 
financement et d'investissement (BF), beaucoup plus sensible par 
nature aux aléas des marchés, alors que ces derniers ont été 
particulièrement mouvementés début 2016.  
    Le pôle Grandes clientèles, qui regroupe notamment les 
activités de marchés, a vu son résultat net publié tomber d'un 
peu plus de 50% à 163 millions d'euros, du fait, selon la 
banque, "de mauvaises conditions de marché les deux premiers 
mois de l'année".  
    Le profil économique de Casa se rapproche un peu de celui de 
Natixis  CNAT.PA , la banque d'affaires cotée de son cousin 
mutualiste BPCE, qui, sans activité dans la banque de détail, a 
elle aussi souffert au premier trimestre de la tempête qui a 
secoué la finance mondiale.   
    Casa a dit croire en la "solidité" de son business modèle, 
demontré selon elle par le fait que l'étendue des différents 
métiers qu'elle exerce lui permet de compenser des baisses 
d'activités intervenues dans certains secteurs.  
    La division Gestion de l'épargne et assurances a, comme 
celle des Services financiers spécialisés, vu ses profits 
croître au cours du trimestre, s'est ainsi félicitée la banque. 
     
    Le communiqué : 
    http://bit.ly/27fV9xj 
 
 (Julien Ponthus et Maya Nikolaeva, édité par Jean-Michel Bélot 
et Bertrand Boucey) 
 

Valeurs associées
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M107412 il y a 10 mois

    De qui se moque-t-on ?

  • M107412 il y a 10 mois

    Les clients sont aussi scandalisés par l'attitude de vos commerciaux .Comment peut-on faire souscrire des produits boursiers à des personnes très âges sans même vérifié de leur compréhension. Affaire à suivre ..Depuis les commerciaux ont été mutés... Eh Oui.