CASA signe sa première perte annuelle depuis sa cotation

le
8
PREMIÈRE PERTE ANNUELLE POUR CASA DEPUIS SON INTRODUCTION EN BOURSE
PREMIÈRE PERTE ANNUELLE POUR CASA DEPUIS SON INTRODUCTION EN BOURSE

par Matthieu Protard et Lionel Laurent

PARIS (Reuters) - Crédit agricole SA a publié jeudi sa première perte annuelle depuis son introduction en Bourse il y a dix ans, les comptes ayant été plombés au quatrième trimestre par de lourdes dépréciations liées à la crise de la dette en zone euro et par des coûts de restructuration de sa banque de financement et d'investissement (BFI).

Le véhicule coté du groupe Crédit agricole, qui avait lancé en décembre un avertissement sur ses résultats, a indiqué que les charges de restructuration s'étaient élevées à 482 millions d'euros sur les trois derniers mois de 2011.

"Le produit net bancaire a été impacté de 258 millions d'euros en banque de financement et d'investissement en raison des cessions de portefeuilles", a souligné la banque.

A ces charges viennent s'ajouter 2,5 milliards d'euros de dépréciations au dernier trimestre 2011, déjà annoncés en fin d'année dernière.

A la Bourse de Paris, l'action Crédit agricole abandonnait 4,2% à 4,8080 euros vers 13h35, sous-performant l'indice bancaire européen, en repli de 0,5% au même moment.

Le titre gagne 10% depuis le début de l'année après avoir plongé de plus de 50% en 2011 mais à la différence d'autres valeurs bancaires européennes, il n'a pas profité d'un rebond significatif depuis janvier.

Interrogé sur la cotation du titre en Bourse, le président de la banque, Jean-Marie Sander a déclaré lors d'une conférence de presse qu'un retrait de la cote était "hors de question."

"Les résultats du T4 affichent une perte historique plus élevée que prévu en raison de l'impact net de -482 millions d'euros lié à la réduction anticipée des besoins de refinancement", note Pierre Chedeville, analyste chez CM-CIC Securities.

Au quatrième trimestre, la perte nette de Crédit agricole SA ressort à trois milliards d'euros, faisant du coup tomber dans le rouge les comptes annuels de Crédit agricole SA avec une perte de 1,47 milliard d'euros pour 2011.

D'après le consensus établi par la rédaction de Reuters, les analystes tablaient en moyenne sur une perte de 2,7 milliards d'euros.

UNE ANNÉE 2012 "ENCORE TENDUE"

"Les mois de janvier et de février, dans tout ce qui est marchés, sont bons", a déclaré Jean-Paul Chifflet, le directeur général de Crédit agricole SA (CASA), lors d'une conférence téléphonique.

"Nous pensons que 2012 sera encore une année tendue (...) Nous espérons que les résultats seront largement supérieurs (à ceux de 2011)", a-t-il ajouté, la banque ayant du coup renoncé à tout dividende cette année.

Pris dans son ensemble, le groupe Crédit agricole affiche toutefois un bénéfice net de 812 millions d'euros, qui se compare à des bénéfices de six milliards d'euros pour BNP Paribas et de 2,4 milliards pour la Société générale.

Le groupe BPCE, dont les résultats de sa filiale Natixis sont ressortis au-dessus des attentes, a quant à lui annoncé un bénéfice net de 2,6 milliards d'euros pour 2011.

A l'image de nombreux autres établissements, le Crédit agricole, déjà empêtré dans les difficultés de sa filiale grecque Emporiki, a lancé une restructuration de sa BFI qui se traduira notamment par la suppression de plus de 1.700 postes.

Son directeur général a indiqué que les bonus des traders, qui seront versés cette année, seraient réduits de 20%.

Interrogé sur les discussions avec le groupe chinois Citic sur une alliance dans le courtage, Jean-Paul Chifflet a dit espérer un accord "dans les semaines, les mois qui viennent."

La banque a également passé en fin d'année une nouvelle provision sur la dette publique grecque, de 220 millions d'euros, portant la décote sur la dette publique de ce pays à 74% contre 75% pour BNP Paribas et Société générale.

Du coup, pour l'exercice 2011, la facture grecque, en y incluant le coût du renflouement de sa filiale grecque Emporiki, s'élève pour la banque à près de 2,4 milliards d'euros, dont 1,3 milliard au titre des provisions sur la dette.

"Dans nos scénarios, nous n'envisageons pas de sortie de la Grèce de la zone euro", a déclaré Jean-Paul Chifflet.

Edité par Jean-Michel Bélot

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • mfouche2 le jeudi 23 fév 2012 à 16:41

    bien dit titide

  • titide le jeudi 23 fév 2012 à 15:34

    les actionnaires sont pénalisés par la perte des dividendes;par contre les dirigeants qui ont mal géré continuent à se remplir les poches !!!

  • titide le jeudi 23 fév 2012 à 15:28

    Tout çà n'est que manipulation !!

  • 66michel le jeudi 23 fév 2012 à 11:14

    ils n'envisagent pas la sortie de la zone euro pour la grèce, ils ont tort ça va pas tarder.....disons quelques mois encore

  • rambox le jeudi 23 fév 2012 à 10:17

    les dirigeants devraient être lapidés 100 ok avect toi malice!

  • garaffa le jeudi 23 fév 2012 à 10:17

    Scandaleux : bonus-20% seulement malgrés une perte importante , alors que la BNP et la SGsont positifs sur la periode réduisent leurs bonus de 50%.Et je ne parle pas du dividende.

  • malice71 le jeudi 23 fév 2012 à 08:25

    les dirigeants devraient être lapidés

  • Rockfund le jeudi 23 fév 2012 à 08:22

    Donc 300M de pertes de plus qu'attendu