Cartier croit à la croissance du Brésil pour le luxe

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CARTIER VOIT DANS LE BRÉSIL UN NOUVEAU RELAIS DE CROISSANCE
CARTIER VOIT DANS LE BRÉSIL UN NOUVEAU RELAIS DE CROISSANCE

par Nathalie Olof-Ors et Victoria Bryan

GENEVE (Reuters) - Cartier, la marque-phare de Richemont, se veut raisonnablement optimiste pour 2012 malgré un environnement instable, a indiqué lundi son directeur général, pointant à nouveau le potentiel de la Chine mais également de nouveaux relais de croissance tels que le Brésil.

"En Amérique Latine, le Brésil est clairement le pays qui offre le plus fort potentiel de croissance", a déclaré Bernard Fornas à Reuters, lors du salon international de la haute horlogerie (SIHH) qui se tient cette semaine à Genève.

"Nous avons déjà beaucoup de clients brésiliens qui achètent à Miami, à New York ou à Londres. Mais la réduction des taxes va dynamiser le marché local", a-t-il ajouté, en soulignant également l'impact positif de la Coupe du monde de football (2014) et des Jeux olympiques (à Rio de Janeiro en 2016) pour l'économie du pays.

En décembre, le gouvernement de la présidente Dilma Rousseff a introduit une série de mesures, dont des réductions d'impôts, afin d'encourager les investissements dans le pays, en réaction aux inquiétudes soulevées par les craintes d'une propagation de la crise de la zone euro.

Le Brésil fait partie des pays très convoités par les horlogers suisses, certains fabricants de montres y ayant déjà augmenté la voilure, à l'image de Parmigiani, une marque d'horlogerie haut de gamme, qui a conclu en mai dernier un partenariat avec la Fédération brésilienne de football.

Les taxes à l'importation élevées constituaient jusqu'à présent un frein important pour les fabricants de produits de luxe, dans la mesure où elles incitaient les brésiliens fortunés à réaliser leurs achats lors de leurs déplacements touristiques.

LA CHINE CONTINUE DE DONNER LE TON

L'essentiel de la croissance pour la marque reconnaissable à son célèbre écrin rouge continuera cependant de venir de l'Asie ainsi que du Moyen-Orient, et éventuellement des Etats-Unis où les ventes restent bonnes, a précisé Bernard Fornas.

"La Chine reste de loin le pays où la croissance est la plus soutenue", a-t-il indiqué.

Cartier, qui dispose actuellement d'un réseau de 41 boutiques dans le pays, prévoit d'en ouvrir quatre à cinq cette année.

Au troisième trimestre de son exercice décalé, Richemont, le numéro deux mondial du luxe derrière LVMH, a enregistré une croissance de ses ventes de 36% en Asie Pacifique, soit sa plus forte performance régionale.

Bernard Fornas s'est montré plutôt confiant pour 2012 malgré la volatilité des devises et des matières premières.

"Nous sommes optimistes mais prudents. Les crises offrent une bonne opportunité de gagner des parts de marché. C'est le moment d'investir dans l'image, dans la chaîne de distribution et dans la production", a-t-il affirmé.

Cartier présentait au salon deux nouveaux mouvements de haute horlogerie.

La maison, dont les montres sont fabriquées à La Chaux-de Fonds, le coeur de l'industrie horlogère suisse, produit 16 calibres et a augmenté ses investissements dans la production, mais utilise également des mouvements fabriqués par ETA SA, la filiale de production de Swatch Group.

Swatch Group, le groupe horloger dirigé par Nicolas Hayek, a été autorisé à réduire les livraisons de mouvements et de composants horlogers à des tiers à partir du 1er janvier 2012 pendant la durée d'une enquête menée par les autorités de la concurrence suisse.

Bernard Fornas s'est cependant montré peu préoccupé, bien que certains analystes estiment que la maison soit une des plus dépendantes de Swatch Group parmi les marques du groupe Richemont.

"Nous avons d'excellentes relations avec Nicolas Hayek", a-t-il affirmé.

Edité par Wilfrid Exbrayat

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