Carrick, le roi du silence

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Carrick, le roi du silence
Carrick, le roi du silence

Encore une fois, il n'y aura eu que le silence autour de lui. Mardi soir, quelques minutes après la victoire de Manchester United contre Bournemouth, Michael Carrick a probablement dit au revoir à Old Trafford. Sans fête. Une fin sans sourire pour une icône exceptionnelle.

Cette fois, il n'y a pas de "king" ou de "legend". Il n'y a pas eu, non plus, de vibration médiatique préalable. Le geste est naturel, la scène aussi, car personne n'a été préparé. C'était un soir comme un autre où l'ennui avait embrassé Old Trafford pour la dernière fois d'une longue saison, dessinant à travers les murmures la dernière victoire de Manchester United à domicile cette saison contre Bournemouth (3-1), et sécurisant la cinquième place du club en Premier League. Un tour d'honneur, quelques applaudissements, des bouts de carton pour dénoncer le règne de Louis van Gaal et, au milieu, un homme éternel qui ouvre ses bras pour accueillir ses deux enfants, Louise et Jacey. Michael Carrick affiche un large sourire et, autour de lui, Old Trafford comprend doucement le message. En réalité, il le prend en pleine figure : ce sont les derniers pas, les derniers instants, la dernière fois que l'on voit son visage à Manchester avec un maillot rouge. Ou l'art de poser le point final sur dix saisons entre le sommet et la discrétion. Jusqu'au bout. Sir Alex Ferguson n'avait certainement pas tort lorsqu'il affirmait il y a quelques années que Carrick dégage "une désinvolture qui empêche les gens de comprendre sa valeur et sa personnalité". Et ce, malgré cinq championnats d'Angleterre, une Ligue des champions, une League Cup, entre autres.

Au bureau des légendes


Et pourtant. Au-delà de son aspect éternel comme seul pouvait le dégager Paul Scholes hier, Michael Carrick a déjà 34 ans dont dix-sept passés au plus haut niveau entre West Ham - où il se dépucela autour de Frank Lampard, Paolo Di Canio, Rio Ferdinand ou encore Stuart Pearce -, Tottenham - où il changea de dimension après des débuts compliqués avec Jacques Santini -, avant de rejoindre Manchester United en 2006 pour remplacer Roy Keane dont il récupéra le mythique numéro 16. Carrick est né comme ça, au bord de la lumière, aux côtés des légendes d'un pays qui n'a jamais semblé prêt à le reconnaître à sa juste valeur. Une sous-utilisation qui peut s'expliquer par la présence d'une fausse génération dorée et par une expression médiatique limitée. Sur ce point, Carrick a aussi du Paul Scholes puisqu'il n'aime pas s'épancher dans la presse et fauche tout ce qui dépasse. Sa non-sélection pour l'Euro français par Roy…


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