Carrefour surprend par l'ampleur du redressement en France

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LES RÉSULTATS DE CARREFOUR SOUTENUS PAR LE MARCHÉ FRANÇAIS AU 1ER SEMESTRE
LES RÉSULTATS DE CARREFOUR SOUTENUS PAR LE MARCHÉ FRANÇAIS AU 1ER SEMESTRE

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Carrefour, qui récolte les fruits du plan de redressement engagé par son PDG il y a 18 mois, a surpris le marché jeudi par la vigueur de son redressement en France qui laisse espérer un retournement dans les pays d'Europe du Sud.

Grand chantier de Georges Plassat, la France qui pèse pour 40% des ventes du groupe et qui était devenue son principal point noir, a vu son résultat opérationnel courant grimper de 75% et sa marge prendre 120 points de base à 2,8%, malgré un contexte macroéconomique difficile.

Cette performance, très supérieure aux attentes des analystes et jugée unanimement remarquable, s'est accompagnée, à l'inverse, d'un plongeon des résultats en Europe du Sud, plombés par l'Italie, et d'un recul de la rentabilité en Argentine et en Chine.

"Les premiers indices sont plutôt favorables (...) Le redressement de la France est engagé. Nous sommes vigilants et confiants", a déclaré Georges Plassat lors de la présentation des résultats, se gardant de tout triomphalisme et rappelant qu'il s'était fixé un horizon de trois ans pour remettre le distributeur sur les rails.

Un gérant parisien juge "impressionnant" le redressement de la situation en France. "On ne l'attendait pas si vite (...) reste à voir si la tendance va se poursuivre, car il y a des défis importants à l'international", ajoute-t-il.

En Bourse, le titre Carrefour grimpe de 3,8% à 15h30, signant la plus forte hausse du CAC 40, et s'adjuge environ 50% depuis l'arrivée de Georges Plassat, en mai 2012.

"Le management fait la preuve de ses capacités. Cette performance brillante en France devrait déclencher une révision à la hausse des prévisions de résultats", ajoute un trader.

DÉVELOPPEMENT AU BRÉSIL ET EN CHINE

Le distributeur commence à récolter les fruits de sa stratégie de reconquête. Les ventes des hypermarchés en France se stabilisent, avec une meilleure image prix, et les résultats se redressent grâce une meilleure exécution en magasins et à un contrôle des coûts plus efficace.

Dans le non-alimentaire, la tendance est moins négative, surtout dans le textile et le bazar, et le secteur devrait pouvoir renouer avec la rentabilité, a indiqué le PDG.

A l'inverse, ailleurs en Europe, la rentabilité a chuté de 120 points de base à 0,4%, surtout impactée par un violent décrochage en Italie, aux prises avec la crise.

Malgré des "vents toujours contraires" sur le front de la conjoncture, l'Europe "devrait se redresser, à terme", a prédit Georges Plassat et en Italie, où les ventes ont plongé, il s'est dit confiant dans une amélioration des performances dès 2014.

Au Brésil et en Chine, deux autres marchés clé, il a précisé à Reuters que son plan d'accélération serait finalisé dans les douze prochains mois.

Il a laissé entendre qu'aucune cession d'actifs n'était en vue, pour le moment du moins, et qu'avec les mouvements de consolidation attendus dans le secteur, des rapprochements n'étaient pas à exclure. "On peut faire des partenariats (...) on n'est pas tenu à des opérations en cash", a-t-il ajouté.

Au total, le résultat opérationnel courant a progressé de 4,9% à 766 millions d'euros, un chiffre proche du consensus de 771 millions des analystes interrogés par Reuters.

En Amérique latine la marge a cédé 30 points à 3,1%, impactée principalement par une baisse en Argentine, liée un gel des prix, tandis qu'en Asie, la rentabilité a reculé de 50 points à 3,2%, sous l'effet d'une inflation salariale et des coûts d'expansion du groupe dans le pays.

ACCROITRE LE CASH FLOW

Carrefour, qui a procédé à de nombreuses cessions d'actifs, notamment en Colombie, en Grèce ou en Malaisie, pour se donner les moyens d'investir dans ses marchés clés, a vu sa dette nette fortement reculer, de 3,7 milliards d'euros, et être ramenée à 5,9 milliards à la fin du premier semestre.

Le groupe, qui a réalisé 620 millions d'euros d'investissements au premier semestre, doit "impérativement poursuivre ses investissements" et générer davantage de cash flow, a reconnu Georges Plassat.

Le résultat net des activités poursuivies a été multiplié par plus de deux à 519 millions d'euros.

Pour l'ensemble de l'année 2013, le directeur financier Pierre-Jean Sivignon, qui avait jugé "raisonnable" en juillet le consensus des analystes sur le résultat opérationnel courant (2,2 milliards d'euros), a déclaré lors d'une conférence téléphonique que cette position restait valable, "sauf trop fortes variations de change".

Avec Alexandre Boksenbaum-Granier et Blaise Robinson, édité par Jean-Michel Bélot

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