Carrefour sort de Colombie, l'action s'envole

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CARREFOUR CÈDE SES ACTIVITÉS EN COLOMBIE
CARREFOUR CÈDE SES ACTIVITÉS EN COLOMBIE

PARIS (Reuters) - Carrefour a annoncé la cession de ses activités colombiennes au groupe chilien Cencosud pour deux milliards d'euros, un montant nettement supérieur aux attentes des investisseurs, qui dope l'action du distributeur en Bourse vendredi matin.

Le fruit de cette opération servira à rembourser une partie de la dette du distributeur français (6,9 milliards d'euros à fin 2011) et à investir dans des marchés où il est leader et présentant un fort potentiel comme l'Argentine ou le Brésil, a souligné une porte-parole de Carrefour.

Carrefour avait du mal à résister en Colombie à la puissance de feu du leader local Exito, filiale du rival français Casino, qui contrôle une part de marché de 42%, selon la société de Bourse Oddo.

Nommé en janvier dernier, le nouveau PDG Georges Plassat s'est donné trois ans pour redresser le distributeur, avec une priorité accordée au désendettement, à la décentralisation et à la réduction de ses frais généraux comme de ses dépenses publicitaires.

Georges Plassat avait déjà évoqué ces derniers mois de possibles "ajustements" en Pologne et une réflexion en cours sur les actifs de Turquie et d'Indonésie, tout en réaffirmant l'importance pour Carrefour des marchés brésiliens et chinois alors que le groupe a annoncé en juin son retrait de Grèce.

Il n'avait alors pas mentionné la Colombie, où Carrefour exploite 72 hypermarchés, 16 magasins de proximité et 4 magasins de cash and carry, pour un chiffre d'affaires net hors essence de 1,5 milliard d'euros.

Cette opération a été saluée par les investisseurs.

Vers 10h45, le titre affichait ainsi la plus forte progression du CAC 40, avec une hausse de 7,4% à 18,64 euros, qui lui permet d'afficher un gain de 6% depuis le début de l'année.

Dans une note, l'intermédiaire Oddo relève que l'opération se réalise sur des niveaux de transactions très élevés : 133% du chiffre d'affaires contre 107% du chiffre d'affaires pour Exito.

Ce désengagement colombien pourrait en annoncer d'autres, en Amérique latine ou ailleurs.

"Les activités argentines pourraient également être vendues mais cela semble plus difficile à réaliser compte tenu de la situation politique actuelle", avance un trader parisien.

"Les activités turques et indonésiennes devraient suivre mais Carrefour ne détient qu'une participation de 60% dans les deux cas, ce qui n'est pas simple", ajoute-t-il avançant une valorisation de 60% par chiffre d'affaires pour une telle participation.

La transaction colombienne doit être finalisée d'ici la fin de l'année.

Nicolas Delame et Alexandre Boksenbaum-Granier, avec Astrid Wendlandt, édité par Jean-Michel Bélot

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