Carrefour : la mystérieuse scission de l'actionnaire Blue Capital

le
0
DR
DR

(lerevenu.com) - La séparation de corps précède-t-elle le divorce ? Dans un communiqué envoyé, le 2 août dernier, à la presse, Colony Capital et Groupe Arnault, ont annoncé la scission prochaine de Blue Capital, le holding luxembourgeois qui leur permet de détenir une participation d'environ 14,5% dans Carrefour, avec les sociétés faisant partie du même concert d'actionnaires. L'opération annoncée vise, selon ce communiqué, à «simplifier la structure de détention de leur participation conjointe dans Carrefour». Et cette participation dans le distributeur sera «répartie entre les deux groupes conformément aux termes de l'acte de scission».

Colony Capital et de la holding familiale de Bernard Arnault ont précisé qu'ils maintenaient leur action de concert, en conservant leur droit de vote double (19,98%), et «leur soutien à la stratégie de la société». À la mi-juin dernier, Blue Capital et les sociétés faisant partie du concert avaient indiqué que leur participation était passée sous le seuil de 15% (14 ,48%), du fait du «dénouement d'une opération structurée et livraison de titres».

Blue Capital avait acquis 9,1% de Carrefour, en 2007, achetés à 50,94 euros par action, un cours de plus du double du niveau actuel. L'investissement de 3,23 milliards d'euros a été financé, en sus des apports en fonds propres de Groupe Arnault et Colony, par un emprunt bancaire de 2,4 milliards d'euros contracté auprès de Natixis et RBS. Le concert autour de Blue Capital avait renforcé sa participation dans Carrefour par des achats ultérieurs de titres, à des cours inférieurs et notamment par le biais d'instruments dérivés.

Quel est l'objectif de Sébastien Bazin, le dirigeant en France du fonds d'investissement américain, et de Bernard Arnault ? Dans une note en date du 6 août, le courtier CM-CIC donne son sentiment sur cette opération : «L'horizon de Groupe Arnault et de Colony Capital diverge. Fin 2011, le conseil d'administration [de Carrefour] a, en effet, opté pour une stratégie industrielle, que le premier est en mesure d'accompagner, alors que le second manque probablement de temps (quid, en effet, de l'échéance des fonds levés par Colony ?».

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant