Carrefour face au risque brésilien

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(lerevenu.com) - Pour Carrefour qui fêtait, le 15 juin dernier, le cinquantième anniversaire de l'ouverture de son premier hypermarché en France (Sainte-Geneviève-des-Bois en Ile-de-France), le Brésil a été depuis son création, l'un de ses marchés de prédilection. Deuxième groupe de distribution au monde derrière Wal-Mart, Carrefour est présent en Amérique latine depuis 1975, date à laquelle il a ouvert son premier magasin au Brésil. L'un des deux fils des familles fondatrices de Carrefour, Jacques Defforey, a d'ailleurs longtemps dirigé l'activité du groupe en Amérique latine, en étant domicilié au Brésil. En 2012, le résultat opérationnel courant (2,14 milliards d'euros) provenait à 28,4% de l'Amérique latine, derrière la France (43,4%), mais loin devant l'Asie (7,8%).

En 2012, le Brésil a été le théâtre d'un affrontement violent avec Casino, autre grand acteur français de la distribution dans le pays. Les dirigeants de Carrefour avaient tenté de fusionner leurs activités brésiliennes avec celles du groupe local Pao de Açucar (GPA), pourtant déjà partiellement contrôlé par Casino. Jean-Charles Naouri, le PDG de Casino, ne s'était pas laissé faire et en avait trouvé le prétexte pour évincer Abilio Diniz, le fondateur de GPA, et prendre depuis le contrôle total du groupe brésilien de distribution. En séance, l'action Casino perd, elle aussi, environ 4%.

Les manifestations de masse, dans les grandes villes brésiliennes, contre la vie chère et les investissements coûteux en vue de la Coupe du monde de football (2014) ont pris de court les dirigeants politiques du pays, en particulier la présidente de la République, Dilma Roussef. Le pays préoccupait déjà les marchés financiers, comme en témoigne le recul d'environ 32% de l'indice Bovespa, à la Bourse de Sao Paulo, depuis le début de l'année. Le net ralentissement de la croissance économique, en partie lié à celui de la Chine, et la progression de 2 points de l'inflation, en un an, juste au-dessous de l'objectif de la banque centrale du Brésil, constituaient déjà des motifs d'inquiétude.

Les troubles de ces derniers jours déboucheront-ils pour autant sur une crise sociale plus vaste et une chute de la consommation des ménages qui serait préjudiciable à Carrefour ? La révolution stratégique bien engagée par le PDG, Georges Plassat, et la perspective d'une cession des actifs immobiliers (Carrefour Property), devraient permettre d'atténuer les inquiétudes des actionnaires.

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