Carmignac reste très prudent et gère les risques

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(AOF) - En ce début du mois de mars, la gestion des risques reste la priorité de Carmignac Gestion. "Nous utilisons à cet effet la panoplie habituelle de nos outils - couvertures indicielles et sectorielles, positions sur les emprunts d’État américains, expositions au dollar et au yen, afin de pouvoir conserver à l’abri des risques de marché immédiats nos importants investissements de conviction dans les secteurs de croissance", écrit ainsi Didier Saint-Georges, membre du Comité d’investissement et Managing director de la société de gestion, dans la dernière Carmignac's note.

Comme il l'est depuis plusieurs mois maintenant, le gérant se montre particulièrement pessimiste concernant la situation de l'économie mondiale et l'évolution des marchés financiers.

D'abord, Didier Saint-Georges réaffirme ses craintes d'une entrée en récession de l'économie américaine. "Sans même qu'il soit nécessaire encore d'annoncer le basculement de l'économie américaine en récession, le consensus demeure à notre avis trop optimiste sur la croissance américaine en 2016", écrit-il. Concernant l'Europe, le pessimisme est aussi de rigueur : "Les sondages de confiance IFO et ZEW, habituellement d'assez fiables indicateurs avancés des points d'inflexion du cycle de l'économie allemande, se sont retournés il y a environ six mois, et leur baisse s'est précipitée en février. Il est désormais fort probable que l'attente générale d'une croissance économique de 1,75% pour la locomotive de la zone euro en 2016, après 1,45% l'an passé, sera largement déçue."

Enfin, le Managing director de Carmignac se penche sur le cas de la Chine estimant que la situation ne s'améliore guère dans le pays et anticipe une nouvelle dévaluation du yuan. "Le montant des sorties de capitaux, l'ampleur des surcapacités de production industrielles, et la qualité des bilans dans le secteur bancaire constituent un ensemble de défis auxquels les autorités chinoises vont bientôt devoir s'attaquer de façon plus radicale, en complément des réformes de long terme", prévient Didier Saint-Georges.

La prudence de Carmignac est aussi justifiée par le comportement des banques centrales et surtout l'impact de leurs mesures sur les marchés financiers. Le gestionnaire d'actifs note que la confiance des investisseurs dans ce soutien des banques centrales s'érode. "La foi absolue dans le pouvoir des Banques centrales a connu ses premiers doutes quand la Banque du Japon, trois semaines après en avoir exclu la possibilité, a institué des taux d'intérêt directeurs négatifs en janvier, et que le yen a réagi en s'appréciant vigoureusement au lieu de baisser", rappelle Didier Saint-Georges.

Ce dernier, qui a titré son commentaire "Les somnambules" suggère donc que les investisseurs sont en train d'ouvrir les yeux sur ces réalités "déplaisantes" sans pour autant en avoir encore pris la pleine mesure.

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