Carmignac renoue avec des positionnements prudents pour la fin de l'année

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(AOF) - Carmignac renforce ses protections avant d'aborder la dernière ligne droite de l'année au cours de laquelle les marchés pourraient être confrontés à des chocs importants. "Il y a lieu d’adopter, de nouveau, des configurations tactiquement plus prudentes sur les actions comme sur les obligations, pour appréhender correctement cette fragilité", indique ainsi Didier Saint-Georges, managing director et membre du Comité d’investissement de Carmignac.

Dans sa dernière Carmignac's Note, ce dernier invoque l'enseignement de l'économiste Hyman Minsky qui a démontré que les grandes périodes de stabilité, en encourageant la prise de risque excessive, peuvent devenir elles-mêmes génératrices d'instabilité. Or, constate Didier Saint-Georges, les marchés sont depuis plusieurs années bercés par les politiques accommodantes des banques centrales qui relèguent au second plan la faiblesse de la croissance économique.

Dès lors, les marchés pourraient se montrer vulnérables au moindre choc. Didier Saint-Georges, chez Carmignac, en recense au moins trois dans les prochaines semaines. D'abord, l'élection présidentielle américaine débouchera sur l'élection de Trump ou de Clinton.

"Au mieux l'élection de la candidate démocrate installera aux commandes une Présidente impopulaire, élue principalement par rejet de son concurrent Républicain, et incapable de faire passer ses projets de relance budgétaire faute du soutien d'une majorité au Congrès. Une sorte de statu quo, en quelque sorte, avec probablement plus de réglementation. Au pire, les élections américaines accoucheront d'un grand saut dans l'inconnu, avec une menace très directe sur le commerce mondial et les finances publiques américaines, voire une crispation géopolitique", décrypte le managing director de Carmignac.

Le second risque est italien cette fois, avec le référendum constitutionnel du 4 décembre. Une victoire du "oui" défendu par le premier ministre Renzi lui permettrait certes de poursuivre ses réformes mais "ce succès n'apportera pas de solution miracle à la faiblesse de l'économie italienne (la croissance au second trimestre a encore été de 0%)". Une victoire du "non" pourrait précipiter le retrait de la scène politique de ce dirigeant europhile.

Enfin, le 14 décembre se tiendra le dernier comité de politique monétaire de la Fed pour 2016, dernière occasion cette année pour Janet Yellen de refléter dans un relèvement des taux directeurs l'amélioration des paramètres de l'emploi et de l'inflation aux États-Unis. "En cas de marchés déjà très tourmentés, par exemple après un résultat surprise aux élections présidentielles, il est probable que la Fed se gardera de jeter de l'huile sur le feu. Mais sauf circonstances exceptionnelles, la Fed résistera difficilement à la tentation d'un relèvement de 0,25%", pose Didier Saint-Georges, chez Carmignac.

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