Carmignac recommande une exposition minimale aux actions et craint une baisse violente des marchés

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(AOF) - En 2016, les investisseurs vont devoir jouer les équilibristes entre une nécessaire couverture contre le risque de retournement violent qui guette les marchés et la préparation de l'avenir pour profiter d'un rebond qui pourrait être tout aussi brusque. "Nous attendons un ajustement très rapide et violent qui créera des opportunités. Pour ne pas rater le rebond, il ne faudra pas avoir quitté le marché, "écœuré" par la chute des cours", met en garde Frédéric Leroux, gérant global de Carmignac Gestion.

Dans ce contexte, il recommande une stratégie de couverture maximale et la plus petite exposition possible aux actions.

Pour Carmignac Gestion, les marchés se retrouvent à la convergence de deux évolutions particulièrement néfastes : un ralentissement économique et un problème d'assèchement des liquidités.

Du côté de la conjoncture, "l'économie américaine ne tourne pas aussi bien que le dit le consensus", prévient Frédéric Leroux. Le gérant de Carmignac met en avant le ralentissement de la croissance des marges des sociétés américaines, et la sousperformance persistante de l'activité manufacturière, dans le passé annonciatrice d'une récession de l'ensemble de l'économie. Par ailleurs, la société de gestion rappelle que la baisse du prix du pétrole a tout juste permis à la consommation de se stabiliser sans la relancer.

Dans ce contexte macroéconomique tendu, la perspective du resserrement monétaire de la Fed cette année - il a été initié en décembre par un premier relèvement des taux - n'est pas une bonne nouvelle puisqu'il est synonyme d'un moindre soutien à la croissance. Carmignac ne se fait d'ailleurs aucune illusion sur le fait que la Fed continue vers une politique moins accomodante compte tenun de la composition du comité de politique monétaire, dominé par les "faucons".

Du côté du manque de liquidités ensuite, Frédéric Leroux pointe la responsabilité des pays émergents, à commencer par la Chine. Pour soutenir sa devise, cette dernière vend des dollars, faisant baisser les réserves de changes et détruisant de la liquidité. Le scénario est le même pour les pays exportateurs de pétrole, confrontés à la chute des cours du pétrole. En cédant leurs pétrodollars, ils font baisser les taux d'intérêts et assèchent le marché.

Concernant l'Europe enfin, Frédéric Leroux, gérant global de Carmignac Gestion, s'attend à une croissance un peu plus robuste que le reste du monde mais la zone va rester dans un rôle de suiveur. "La situation budgétaire s'est certes améliorée mais reste à la limite des critères de Maastricht et ne permet donc pas de plan de relance massif" en cas de dégradation de la conjoncture mondiale, pointe le gérant. Frédéric Leroux estime qu'il ne faut pas non plus trop attendre de soutien de la part de la BCE.

Ce dernier voit des similitudes entre la situation actuelle en Europe et la conjoncture de 2008. "L'Europe pourrait continuer à croitre voire dépasser les Etats-Unis, mais elle finit toujours pas se retourner si la situation se dégrade aux Etats-Unis", prévient-il.

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