Carmignac Gestion paie ce premier semestre ses difficultés en 2013

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(NEWSManagers.com) - Avec un classique temps de retard, Carmignac Gestion a payé au premier semestre ses difficultés en matière de gestion en 2013. Fin juin, les actifs sous gestion sont passés sous la barre symbolique des 50 milliards d'euros en ayant perdu plus de 9 %, soit une baisse de plus de 4,7 milliards d'euros. Plus précisément, sur la periode sous observation, la décollecte nette atteint 5,2 milliards d'euros dont, pour le seul fonds phare de la gamme Carmignac Patrimoine, un encours qui est passé de 27 milliards fin décembre 2013 à un peu plus de 23 milliards fin juin.

Soucieux de passer rapidement à autre chose, Didier Saint Georges, membre du comité d'investissement de la société de gestion a tout d'abord insisté, au cours de la conférence trimestrielle de la société de gestion qui s'est tenue jeudi 10 juillet, sur une inflexion de la décollecte au deuxième trimestre par rapport au premier. Surtout, le responsable a pointé l'amélioration au cours du premier semestre 2014 des performances des fonds, en comparant chacune d'entre elles à celles de l'indice de référence des différents OPCVM. Moyennant quoi, a fait remarquer Didier Saint Georges, 60 % des fonds de la gamme superforment, dont l'ensemble des fonds investis en produits de taux. Dans la gamme " Patrimoine" le fonds investi sur la zone euro est également en avance, ce qui n'est pas encore le cas de Carmignac Patrimoine et de Carmignac Portfolio Emerging Patrimoine - qui pèse 630 millions à fin juin contre 884 millions fin décembre. De la même façon, dans la gamme actions, Carmignac Emergents dont l'encours est passé fin juin à 1,35 milliards contre 1,64 milliards six mois plus tôt, n'a pas encore supplanté son indice. " Les fonds globaux se nourrissent des bonnes idées des autres fonds" , a insisté le responsable qui s'est dit de fait convaincu des bons résultats à venir de fonds comme Carmignac Patrimoine.

Concernant maintenant les convictions de Carmignac Gestion sur les différentes marchés, Frédéric Leroux, gérant global, s'est montré prudent sur les Etats-Unis. Certes, le revenu disponible des ménages rebondit, a-t-il indiqué, ajoutant que les ventes automobiles notamment, sont des données satisfaisantes. " Pour autant" , a-t-il ajouté, " les marges des entreprises pourraient décevoir." Et de noter, que les marchés semblent complaisants face à l'absence de croissance des marges des entreprises qui devrait se traduire par la baisse de l'investissement.

Par ailleurs, Cargmignac Gestion insiste sur des premiers signes d'inflation, en faisant néanmoin une distinction entre inflation discrétionnaire ou non. " L'inflation non discrétionnaire est en hausse et pénalise les classes moyennes" , a insisté Frédéric Leroux. " De quoi mordre leur pouvoir d'achat" , a-t-il ajouté. En outre, sur le marché des taux, la société de gestion décèle une vulnérabilité croissante aux chocs alors que le terme du quantitative easing mis en place est proche. " De fait" , indique-t-on chez Carmignac Gestion, " la sensibilité négative de la gestion, principalement exprimée sur les taux à cinq ans, est conservée" . Enfin concernant, l'évolution du dollar, Frédéric Leroux attend désormais un changement de politique monétaire entrainant une hausse du billet vert...

Au rang des satisfactions, le Japon figure en bonne place. " Le Japon a gagné le pari de la reflation" , a noté le gérant. La hausse des salaires est en marche, ce qui va alimenter l'inflation et accompagner de la croissance économique. Dans les portefeuilles, Frédéric Leroux a également indiqué la présence du yen dans le portefeuille de Carmignac Patrimoine, à concurrence de 15 %, car il doit profiter d'une dépréciation de l'euro.

Sur les marchés émergents, le gérant a notamment salué le pilotage des autorités chinoises pour contrôler la bulle immobilière et gérer la perte de compétitivité liée à la hausse des salaires. L'inflation désormais sous contrôle et conforme à l'objectif de la Banque Centrale a permis d'assouplir les conditions monétaires et de donner plus d'air aux exportateurs. De fait, les 6% de croissance pour l'économie chinoise au cours du 1er trimestre ont sans doute constitué un point bas, a relevé Frédéric Leroux.

Et l'Europe ? Si le responsable a refusé de parler de la France sur un plan macroéconomique fustigeant ainsi l'immobilisme de l'Hexagone, le responsable a souligné la croissance molle du vieux Continent et une situation plus délicate qu'il n'y parait en Allemagne. Si les exportation ne repartent pas, a expliqué Frédéric Leroux, le PIB (produit intérieur brut) de l'Allemagne qui en dépend fortement sera décevant. Par ailleurs, l'existence de pressions déflationistes au coeur de la zone euro a conduit la BCE à agir. Dans ce cadre, en matière de stock picking, la gestion privilégie les marques fortes en Europe, défensives et dotées d'un pricing power. Sur la France, bien que mise à l'écart de l'étude, Frédéric Leroux a souligné la présence de belles valeurs que l'on retrouvait dans le stock picking de l'enteprise. A commencer par des établissements bancaires, comme la Société Générale.

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