Carmignac Gestion craint un nouveau ralentissement de l'économie mondiale

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(AOF) - Dans son dernier point de marché, Didier Saint-Georges, membre du comité d’investissement et managing director de Carmignac Gestion, invite les investisseurs actifs, "soucieux de préservation du capital", à réduire leur exposition au risque de marché tout en favorisant la performance de leurs placements. Pour le gérant, la situation de fragilité dans laquelle se trouvent actuellement les marchés nécessite une gestion active et une réduction du risque, alors que les menaces sur la conjoncture mondiale et le système financier restent élevés et pourraient encore s'aggraver.

"Force est de constater que sept ans après la grande crise de 2008, le traitement de cette dernière par les Banques centrales n’a pas permis d’atteindre davantage qu’une croissance économique très médiocre, tandis que les risques liés au système financier ont augmenté", assène Didier Saint-Georges.

 

Citant le ralentissement dans les économies émergentes et la "tentative de normalisation de la politique monétaire américaine comme facteurs de tensions sur les marchés financiers mondiaux, Didier Saint-Georges se montre en plus pessimiste concernant l'évolution de la conjoncture mondiale.

 

Aux Etats-Unis d'abord, "le marché n’a pas pris la mesure du risque de ralentissement économique qui s’annonce", prévient le dirigeant de Carmignac. Pour lui, la remontée probable des taux d'intérêt, ajoutée au mouvement de remontée des salaires et à l'appréciation attendue du dollar, risque de peser sur les marges des entreprises. Ces dernières seraient alors contraintes de limiter leurs investissements, ce qui entrainerait un ralentissement de l'économie. Didier Saint-Georges estime que la consommation des ménages américains ne serait alors pas suffisante pour relancer la machine et compenser la baisse de l'investissement des sociétés.

 

"La contraction des coûts salariaux n’avait pas empêché jusqu’à récemment un niveau de consommation très résilient, soutenu par une baisse tendancielle du taux d’épargne et des frais financiers. Depuis trois ans déjà, le taux d’épargne ne baisse plus (le fameux « effet richesse » ne fonctionne plus), et la confiance des ménages (mesurée mensuellement par le « consumer confidence index » du Conference Board) a commencé sa décrue depuis le début de l’année", observe-t-il.

 

Du côté de l'Europe ensuite, la situation n'est pas beaucoup plus favorable : "il y a de plus en plus de raisons d’anticiper une décélération de la zone euro dans les prochains trimestres", prévient le membre du comité d'investissement de Carmignac Gestion. Le sursaut de la confiance des ménages enregistré ces derniers trimestres est selon lui en train de s'estomper alors que les facteurs qui soutenaient jusque-là l'activité - euro faible, prix de l'énergie au plancher - pourraient se retourner.

 

Dans ce contexte, "il reste pour Mario Draghi à actionner de nouveau l’arme de la baisse de l’euro pour tenter d’aider les exportations et aiguillonner un peu l’inflation. Face au cycle économique global et aux pressions déflationnistes qu’exacerbe le ralentissement émergent, on est en droit de ne pas se faire trop d’illusions sur l’impact de ces mesures", doute Didier Saint-Georges.

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  • talobre il y a 12 mois

    Carmignac prèche et adore les achats a bon compte

  • ccondem1 il y a 12 mois

    Alors, pourquoi sont-ils aussi mauvais à la moindre baisse indicielle ???