Carmignac Gestion a fixé son plan de route pour 2012

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(NEWSManagers.com) - En termes de développement, Carmignac Gestion, qui affiche 45 milliards d'euros d'encours, a poussé les feux hors de l'Hexagone lors du dernier trimestre 2011. Après avoir ouvert un bureau à Francfort, la société de gestion en a fait autant à Londres début novembre. Elle y a également recruté son responsable qui a d'ores et déjà embauché deux autres personnes en attendant l'arrivée probable d'un troisième professionnel au cours de cette année. Dans tous les cas, la société de gestion tient son rang d'établissement largement tourné vers l'international comme l'attestait, lundi 23 janvier, la présence de la presse étrangère à Paris venue écouter Edouard Carmignac sur le développement européen de sa maison, et sur sa vision des grands enjeux économiques en 2012.

" Outre la France, l'Allemagne et l'Italie constituent des marchés importants pour nous" , explique Didier Saint-Georges, membre du comité d'investissement. Et logiquement, le Royaume-Uni devrait également faire partie des marchés?clés de la société de gestion dont les encours proviennent désormais majoritairement de l'étranger. De fait, pour ne pas rater son arrivée sur le marché britannique, Carmignac Gestion a pris soin de proposer sur l'ensemble des fonds de sa gamme une part libellée en livres sterling. " La perception des prospects que rencontre actuellement l'équipe de Londres est très positive" , se félicite Didier Saint-Georges, qui explique ce phénomène par le style de gestion indépendant de Carmignac Gestion, très apprécié outre-Manche.

En attendant, Carmignac Gestion n'a pu éviter le mouvement de décollecte généralisée qui a touché la gestion d'actifs, notamment en Europe l'an dernier. " En 2011" , admet Didier Saint-Georges, " nous avons enregistré une décollecte de 6 milliards d'euros" . Aucun fonds n'a été épargné, même si les sorties nettes les plus importantes ont concerné le fonds vedette de la gamme : Carmignac Patrimoine. Ce dernier a perdu 2,5 milliards d'euros. " C'est 10 % de son encours" , reconnaît Didier Saint-Georges, qui tient cependant à relativiser : " ces 10 % représentent moins de 15 % de ce qui a été collecté en 2009 et 2010 sur le fonds" . Dans le détail, cependant, les rachats ont concerné les pays où la collecte était récente. Notamment l'Italie. " Mais les sorties ont été nombreuses lors du premier trimestre, ce qui a largement pénalisé les épargnants en question" , explique le responsable. La seconde partie de l'année a en effet été très favorable à l'OPCVM, lequel a limité sa perte à 0,8 % sur l'année - et il progresse de 2,5 % sur 12 mois.

Du côté de la gamme, la société de gestion n'a pas prévu le lancement de nouveaux fonds en 2012. Carmignac Emerging Patrimoine, le dernier né, pèse déjà 230 millions après neuf mois d'existence. A ce titre, le nouveau produit n'a pas profité d'arbitrages d'un autre fonds " Patrimoine" de la maison (Carmignac Patrimoine et Carmignac Euro Patrimoine). " La collecte correspond à de la " new money" , hormis quelques transferts de porteurs du fonds Carmignac Emergents vers le nouveau fonds moins volatil par nature" , remarque Didier Saint-Georges. Cela dit, concernant l'offre de fonds, la maison veillera à ce qu'elle soit " la plus lisible possible" , n'excluant pas, de fait, quelques fusions-absorptions dans le courant de l'année.

Dans un autre genre, les axes de développement en matière de clientèle ont peu changé. Les investisseurs institutionnels ne représentent que 10 % des encours de la société, ce qui laisse une grande marge de progression en 2012. Mais la maison ne veut pas modifier l'offre de sa gestion. " Nous ne proposons pas de mandats dédiés" , insiste Didier Saint-Georges, " mais nous sommes ravis si les investisseurs institutionnels souscrivent nos fonds." Et de mettre en avant la stabilité de la clientèle " retail" qui y a investi, à même de rassurer les grands comptes. " Carmignac Gestion représente en tout un million de porteurs en Europe" , ajoute le responsable.

Enfin, concernant les équipes de gestion, une chose est sûre : la maison n'entend pas éclater les équipes dans les différentes parties du globe qu'elle couvre. " Nous n'envisageons pas d'avoir des gérants à Honk-Kong ou au Brésil" , précise Didier Saint Georges, " car il est très important pour nous que les gérants se voient et se parlent même si la contrepartie d'une gestion regroupée à Paris se paie par de fréquents voyages" ...

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