Carmignac : en 2016, les marchés vont sortir de "l'illusion monétaire"

le
1

(AOF) - Dans sa première Carmignac's Note de 2016, Didier Saint-Georges, membre du comité d’investissement et managing director de Carmignac, met en lumière les risques qui devraient peser sur les marchés cette année et en déduit que leur gestion "va nécessiter le recours à des stratégies de couverture ciblées et très actives. Elles permettront en retour d’être opportuniste quand la capitulation des marchés créera des points d’entrée exceptionnels pour qui aura su garder une vision de moyen terme."

Pour le gérant, la principale évolution à attendre en 2016 est l'allègement du soutien apporté par les banques centrales aux actifs. Alors que la Fed américaine a déjà commencé à resserrer sa politique monétaire, "en Europe comme au Japon, les Banques centrales ont commencé de rechigner à augmenter leurs interventions". Dans ce contexte, Didier Saint-Georges (Carmignac) fait de 2016 l'année du "réveil des marchés aux réalités économiques".

Et ces dernières pourraient faire vivre des heures difficiles aux investisseurs. En effet, l'Europe, qui n'a pas pleinement profité de la forte baisse de l'euro et du pétrole en 2015 avec une croissance d'environ 1,5% sur l'année, doit en plus supporter le ralentissement de l'Allemagne. La "locomotive" de la zone connait quelques difficultés économiques - "déclin de la dynamique de productivité, baisse de la profitabilité, exposition au cycle mondial", cite Didier Saint-Georges - et des tensions politiques sur fond de crise migratoire.

Par conséquent, "l'Europe aborde donc 2016 en position économiquement fragile, ce qui soulève du même coup la question de sa vulnérabilité politique, la construction européenne ne pouvant certainement pas se permettre la perspective d'une décennie perdue, "à la japonaise"", estime le responsable de Carmignac.

Du côté des Etats-Unis, Didier Saint-Georges constate que "les indicateurs d'activité manufacturière sont désormais passés en zone récessive et la consommation de services elle-même a commencé de s'affaiblir".

Enfin, la Chine devrait continuer à générer des inquiétudes et des pressions sur les marchés mondiaux. Pour limiter l'impact négatif de la transition en cours dans le pays vers les activités de services et le ralentissement de son économie, le pays pourrait opter pour une dévaluation de sa devise.

"Une dévaluation importante du Renminbi allégerait alors son propre fardeau économique, mais accélèrerait l'exportation de sa problématique de surcapacités industrielles au reste du monde, émergent comme développé", explique Didier Saint-Georges chez Carmignac. Ce dernier conclut : "Le télescopage entre cycle économique et cycle de taux est en marche. L'illusion monétaire touche à sa fin."

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • ramseslj il y a 11 mois

    En fait, Carmignac nous dit de ne rien faire, pas d'action, européénne, américaine ouchinoise, pas d'obligation ou de bonds à cause des taux et ils sont depuis longtemps hors immobilier. À part spéculer le court terme, quelles options pour les moyen/long termes???