Carmat vise une 1ère implantation de coeur d'ici janvier 2013

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par Noëlle Mennella et Alice Cannet

PARIS (Reuters) - Carmat espère pouvoir procéder d'ici janvier 2013 à une première implantation de son coeur artificiel sur l'homme, à condition d'avoir obtenu d'ici fin 2012 les autorisations nécessaires de la part des autorités françaises compétentes, a déclaré mardi à Reuters le directeur général du groupe.

Le coeur artificiel de Carmat, destiné à des malades dont l'insuffisance cardiaque réduit l'espérance de vie à un an, a suscité beaucoup d'espoirs depuis le lancement de ce projet et, tout particulièrement, depuis l'introduction en Bourse de la société en septembre 2010.

Toutefois, le report à plusieurs reprises de la date de cette première implantation sur l'homme, envisagée initialement avant la fin 2011, a suscité récemment quelques craintes chez les investisseurs.

Carmat a en effet invoqué en juillet dernier puis de nouveau le mois dernier un "glissement" dans le calendrier de tests d'endurance lié au délai de validation des processus industriels avec ses partenaires.

En dépit de la chute du titre provoquée par cette annonce, Carmat affiche toujours une progression de près de 28% depuis le début de l'année pour une capitalisation boursière de l'ordre de 440 millions d'euros. Introduit à 18,75 euros, le titre se traite actuellement autour de 107 euros.

"Ces tests se poursuivent. Pour l'instant nous n'avons pas de soucis majeurs sur le concept et sur les performances de la prothèse. Nous sommes très confiants", a déclaré Marcello Conviti, le directeur général du groupe, lors d'une interview téléphonique accordée à Reuters.

Le dossier devrait être soumis à l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) avant la fin 2012, a-t-il ajouté, ajoutant que, "normalement", le feu vert devrait être obtenu le mois suivant.

UN MARCHÉ MONDIAL DE 16 MILLIARDS D'EUROS

"J'espère que nous pourrons faire la première implantation dans les 30 jours suivant l'autorisation (...) C'est notre intérêt, celui de l'équipe médicale et celui des patients de le faire et c'est possible", a-t-il souligné.

Marcello Conviti a déclaré que la société disposait actuellement des financements nécessaires pour assurer son activité jusqu'à fin 2013-début 2014, date à laquelle il doit obtenir le "marquage" CE, qui matérialise la conformité d'un produit aux exigences communautaires, avant sa commercialisation.

Lorsqu'il s'agira de passer à la commercialisation, Carmat envisage de conclure des partenariats et des contacts ont d'ores et déjà été entrepris dans ce sens. Mais la société que Marcello Conviti a crée en juin 2008, compte bien rester indépendante, a-t-il souligné.

Cette prothèse novatrice est issue d'une longue collaboration entre les équipes du professeur Alain Carpentier et des ingénieurs du groupe EADS qui ont apporté leur savoir-faire issu de l'industrie aéronautique.

Le prix de ce coeur de quelque 900 grammes est estimé à 150.000 euros alors qu'une opération classique coûte environ 250.000 euros en France, fait valoir Carmat, qui prévoit de commercialiser également sa prothèse en Allemagne.

En France, le groupe vise 10% des quelque 10.000 patients qui sont en attente d'une transplantation, d'une assistance ou d'un coeur artificiel.

Au total, le potentiel de malades pour la technologie du groupe se situe entre 100.000 et 120.000 entre l'Amérique du Nord et l'Europe, le marché mondial étant évalué à environ 16 milliards d'euros.

A plus long terme, Carmat prévoit de développer un coeur plus petit afin d'adapter sa prothèse à la morphologie des patients de pays émergents comme la Chine et l'Inde, a précisé le directeur général.

La technologie développée par Carmat pourrait susciter la convoitise de groupes comme l'américain Edwards Lifesciences, spécialisé dans les valves cardiaques et dont le nom a été cité par la presse et des analystes.

"Je pense que dans le cadre stratégique de grandes compagnies comme Edwards et d'autres, il y a un intérêt précis, un marché potentiel très important dans le c?ur artificiel. Bien évidemment, ces compagnies ne sont pas très intéressées de le développer eux-mêmes", a observé Marcello Conviti.

Le capital de Carmat est contrôlé par le groupe EADS (30,6% du capital), le fonds Truffle Capital (27,1%), le professeur Carpentier et sa fondation (16%), le solde étant dans le public.

Noëlle Mennella, édité par Jean-Michel Bélot

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