Carmat cherche la cause du décès du porteur du coeur artificiel

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LE COEUR CARMAT S'EST ARRÊTÉ APRÈS UN COURT-CIRCUIT
LE COEUR CARMAT S'EST ARRÊTÉ APRÈS UN COURT-CIRCUIT

PARIS (Reuters) - Il n'y aura pas d'autre implantation d'un coeur artificiel Carmat avant d'avoir éclairci la cause du décès du premier greffé, a déclaré dimanche un des fondateurs de l'entreprise, estimant que les analyses prendront quelques semaines.

Philippe Pouletty a précisé sur I>Télé que l'essai clinique n'était pas pour autant suspendu et il a mis en garde contre l'interprétation du mot "court-circuit" utilisé par l'inventeur du coeur artificiel pour expliquer l'arrêt de la prothèse.

Claude Dany, 76 ans, le premier greffé, est mort le 2 mars, 74 jours après l'implantation de ce coeur qui reproduit le fonctionnement du coeur naturel.

Précisant qu'"on ne connaît pas encore les causes exactes du décès", Alain Carpentier dit dans le Journal du Dimanche que "le coeur s'est arrêté brusquement. Il y a eu un court-circuit. Cela a entraîné un arrêt cardiaque identique à celui que peut présenter un coeur naturel pathologique".

"Nous cherchons à comprendre d'où vient ce problème électronique et pourquoi. Les différentes sécurités se sont-elles activées ? Si oui, pourquoi cela n'a-t-il pas suffi ?", ajoute-t-il. "Les ingénieurs de Carmat (...) travaillent dessus jour et nuit pour comprendre. Ils trouveront."

Selon Philippe Pouletty, "Ce n'est pas un mot simpliste de court-circuit qui explique quoi que ce soit".

"L'essai n'est pas suspendu puisque que les chirurgiens (...) continuent à sélectionner des malades et bien sûr on va attendre d'en savoir un peu plus sur les causes du décès du premier malade pour implanter le deuxième", a-t-il ajouté.

Les analyses devraient être bouclées "dès les quelques prochaines semaines", a-t-il estimé.

Il a précisé que le fonds Truffle Capital, qui est selon lui le premier actionnaire de Carmat, et dont il est le directeur général, avait décidé d'acheter des actions Carmat sur le marché la semaine dernière "parce que cette formidable aventure va se poursuivre".

Selon les données disponibles sur le site internet de Carmat, Airbus Group était le premier actionnaire de l'entreprise avec 29,6% du capital au 31 décembre 2013, devant Truffle Capital (23,1%), Alain Carpentier et son association (15,5%), 31,8% du capital étant dans le public.

Carmat avait indiqué en novembre qu'elle devrait avoir terminé les essais cliniques sur l'homme avant la fin 2014, ce qui permettrait une commercialisation de ce coeur artificiel en Europe dans la foulée.

Ce coeur est destiné à des malades souffrant d'une insuffisance cardiaque à un stade terminal et dont l'espérance de vie est très courte.

(Jean-Baptiste Vey, édité par Benoît Van Overstraeten)

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