Carlton-Une ex-prostituée regrette l'absence de huis clos

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* Premier témoignage d'une ex-prostituée * Le procès entre dans le vif du sujet * DSK sera entendu la semaine prochaine par Chine Labbé LILLE, 3 février (Reuters) - Une ex-prostituée, partie civile au procès du "Carlton" dans lequel 13 personnes dont l'ancien patron du FMI Dominique Strauss-Kahn sont poursuivies pour proxénétisme aggravé, a regretté mardi le refus du tribunal de l'entendre à huis clos, disant sa colère contre la presse qui a révélé son identité. Le tribunal correctionnel de Lille a entamé mardi l'examen des faits après avoir purgé lundi les questions de procédure, et rejeté notamment une demande de huis clos. ID:nL6N0VC342 "Hier, vous demandez que tout le monde soit serein, et ce matin, je vois mon nom et prénom dans la presse", a déclaré mardi à la barre celle qui se faisait appeler "Jade". "Vous m'imposez de me retrouver devant vous et une caméra, je ne le comprends pas et je suis en colère contre ces journalistes", a-t-elle ajouté en larmes, expliquant s'être "reconstruite" et être "sortie de tout ce passé." Trois prévenus appartenant au "groupe des hôteliers" ont été appelés successivement à la barre mardi : René Kojfer, ex-chargé des relations publiques du Carlton et intermédiaire présumé entre prostituées et clients, Francis Henrion, ancien propriétaire du Carlton, et Hervé Franchois, son ex-directeur. C'est à ce premier cercle de connaissances que les policiers se sont d'abord intéressés début 2011 avant que l'enquête ne mette en lumière d'autres canaux présumés de prostitution. "On verra demain si on a eu raison de dénommer ce procès le Carlton", soulignait lundi le président Bernard Lemaire, décrivant René Kojfer comme "l'un des personnages les plus importants dans ce dossier." "CE BONHOMME-LÀ" "DSK", qui était présent lundi pour l'ouverture des débats, était absent mardi. Hors d'éventuelles mentions incidentes, son cas ne devrait être évoqué que la semaine prochaine, quand il sera entendu par les juges. Il est soupçonné d'avoir été le "pivot central" de "parties fines" organisées avec des prostituées entre 2008 et 2011 à Lille, Bruxelles, Paris et Washington. L'ancienne figure du PS a toujours clamé son innocence, disant ne pas savoir que les femmes rencontrées étaient des prostituées. Le parquet avait requis un non-lieu. Cheveux au carré, petites lunettes et tenue sombre, "Jade", qui a travaillé dans des clubs belges tenus par Dominique Alderweireld alias "Dodo la Saumure", a déclaré mardi s'être rendue à trois ou quatre reprises dans un appartement proche du "Carlton". Là, elle aurait retrouvé René Kojfer --rencontré chez "Dodo"--, Francis Henrion et Hervé Franchois. Des propos validés mardi par René Kojfer, qui a reconnu un rôle d'entremetteur. Interrogée sur son sentiment à l'égard des prévenus, la jeune femme a répondu : "Mitigé". "C'était classe, c'était pas la grosse boucherie. Ces gens étaient courtois, c'était pas dans une ambiance où on se sentait diminué." Quant aux autres prévenus, dont le cas sera abordé plus tard, demande le président? "Je leur en veux", a-t-elle dit. "Car ils savaient qu'ils me présentaient quelqu'un de public", a-t-elle ajouté, sans jamais prononcer le nom de "DSK". "Moi ce bonhomme-là, je ne le connaissais pas." Le procès est prévu pour durer trois semaines, à l'issue desquelles le jugement devrait être mis en délibéré. Quatorze personnes sont poursuivies, treize pour proxénétisme aggravé notamment et une quatorzième pour complicité de délits financier. (Edité par Yves Clarisse)

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