Carlos dit avoir profité d'un pacte entre l'OLP et la Suisse

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    ZURICH, 7 mars (Reuters) - Ilich Ramirez Sanchez, alias 
Carlos, qui purge en France une peine de réclusion criminelle à 
perpétuité pour une série d'attentats commis dans les années 
1970 et 1980, affirme lundi avoir joui d'une liberté de 
mouvement en Suisse dans le cadre d'un "pacte de non agression" 
conclu au début des années 1970 entre la confédération 
helvétique et l'Organisation de libération de la Palestine 
(OLP). 
    Dans un entretien téléphonique que publie lundi le quotidien 
Neue Zürcher Zeitung (NZZ), il explique notamment avoir choisi 
pour cette raison d'atterrir à Zurich plutôt qu'à Vienne avant 
son opération la plus spectaculaire, la prise d'otages des 
ministres du Pétrole de l'Opep en 1975 dans la capitale 
autrichienne au nom de la cause palestinienne. 
    Il ajoute que les militants de l'OLP savaient à l'époque 
qu'ils ne seraient pas arrêtés en Suisse à condition de ne pas y 
troubler l'ordre public. "Naturellement, nous nous en sommes 
tenus à cela", poursuit-il. 
    Carlos en donne pour preuve qu'à son arrivée à l'aéroport de 
Zurich en provenance de Beyrouth, peu de temps avant l'opération 
contre la réunion des ministres de l'Opep, il a repéré son 
visage sur un avis de recherche placardé à la douane mais que 
l'agent qui a examiné son faux passeport sud-américain l'a 
laissé entrer sans difficulté. 
    Ses affirmations sont de nature à attiser le débat en cours 
sur l'attitude des autorités suisses, soupçonnées d'avoir conclu 
un accord secret avec l'OLP. L'existence de ce pacte secret a 
été révélée dans un essai publié cette année par le journaliste 
de la NZZ Marcel Gyr, qui a également recueilli les propos de 
Carlos. 
    Dans ce livre, "Schweizer Terrorjahre: Das geheime Abkommen 
mit der PLO" ("Les années suisses de la terreur: l'accord secret 
avec l'OLP", non traduit en français), le journaliste affirme 
que ce pacte offrait aux Palestiniens l'assistance diplomatique 
de la Suisse en échange d'un engagement à épargner la 
confédération de toute action violente. 
    Toujours selon cet essai, ce moratoire officieux a pu avoir 
pour effet d'entraver l'enquête sur un attentat à la bombe 
contre un avion de ligne de la Swissair qui a fait 47 morts en 
février 1970. 
    Le gouvernement actuel a promis une enquête sur les 
révélations du journaliste, que confortent les affirmations de 
Carlos. 
 
 (Michael Shields et John Miller; Henri-Pierre André pour le 
service français) 
 
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