Carlos Balcaza : "La lenteur, c'est un talent"

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Depuis près de 50 ans, il forme les meilleurs meneurs de jeu d'Argentine. Arrivé au centre de formation du club d'Argentinos Juniors en 1969, Carlos Balcaza a vu passer Diego Maradona, Sergio Batista, Fernando Redondo, Esteban Cambiasso, Juan Roman Riquelme ou encore Leo Pisculichi. Et alors que le reste du monde a tendance à dénaturer les numéros 10 dans le moule de la vitesse et de l'athlétisme du football moderne, Balcaza répète qu'"en football, un seul joueur qui comprend mieux le jeu que tous les autres peut faire la différence pour toute l'équipe". Le numéro 10, qui continue à s'épanouir sur les terrains d'entraînement d'Argentinos Juniors. Un club qui demande à ses joueurs de ne pas écouter leurs entraîneurs, et qui demande à ses entraîneurs de ne pas gagner leurs matchs.

Alors, il était comment, le jeune Diego Maradona ? Moi, je suis arrivé en 1969, il y a 46 ans. La première catégorie dont j'ai été responsable, c'est la génération 1958. Maradona, c'est la 1960. On m'a vite mis dans le bain, disons Mais il n'y avait pas besoin d'avoir vu beaucoup de matchs de football pour voir quelque chose de spécial chez ce gamin. C'était du jamais vu. Il était haut comme ça (il montre la hauteur de ses hanches), donc on s'attendait à voir jouer un enfant, et pourtant il nous a fait voyager
Comment êtes-vous allé le trouver ? Ça, c'est le mérite de Francisco Cornejo. Et un peu grâce à la chance. Diego avait 8 ans, et était allé accompagner un ami pour un test. Francis n'arrivait pas à croire qu'il n'avait que 8 ans. Et le pire, c'est que Diego n'avait même pas de papier, de carte d'identité ou quoi que ce soit pour prouver son âge ! On a dû attendre quelques jours pour le croire. Il jouait comme un homme, et je pense qu'il jouait comme ça depuis la naissance.
C'est-à-dire ? C'était un nain ! Mais sa façon de poser le pied sur le ballon, de se déplacer, de tout voir avant les autres, de toujours réclamer la balle, c'était surnaturel. Cela ne servait à rien de lui donner des conseils en gueulant depuis le banc de touche, il prenait toujours la bonne décision. Sa maturité footballistique, c'était fou. Il jouait comme un adulte. On ne pouvait que lui donner quelques conseils techniques, le forcer à partir sur son pied droit, le pousser dans le travail. Nous, on l'a laissé grandir tranquille. C'était un super garçon, d'origines sociales très modestes. Il ne demandait rien à personne, à part un ballon tous les jours. Et puis il est parti vite. À 15 ans, il jouait déjà avec les pros. Et pendant 5 saisons, il a été élu meilleur buteur du championnat argentin. 116 buts en 167 matchs pour nous, c'était pas mal pour un numéro 10.
En quoi cela a-t-il aidé le développement du club ? Le centre de formation a gagné en prestige grâce à deux événements : le phénomène Diego Maradona dans les années 1970 et la victoire en Copa Libertadores en 1986. Mais le premier, c'est Maradona. Vu que Maradona a joué avec l'équipe pro dès ses 15 ans, toute l'Argentine a vu que notre club donnait sa…



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