Carlo Bonzanigo (Citroën) : "Un concept-car est d'abord un moyen de communication"

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Le concept-car Tubik est exposé au Mondial de l'Automobile de Paris. Citroën communication / DMCC / Jérôme Lejeune
Le concept-car Tubik est exposé au Mondial de l'Automobile de Paris. Citroën communication / DMCC / Jérôme Lejeune

(Relaxnews) - Relaxnews a rencontré au Mondial de l'Automobile Carlo Bonzanigo, responsable des concept-cars de Citroën, qui explique en quoi ces derniers peuvent être des vecteurs de communication pour un constructeur automobile. Pour lui, un concept-car doit forcément assurer une cohérence artistique avec les valeurs de la marque.

Relaxnews : D'où naît l'idée d'un concept-car ?
Carlo Bonzanigo : Un concept-car est d'abord est un moyen de communication, d'un certain nombre de messages et un moyen d'exploration. On ne fait jamais un concept-car dans l'urgence. Normalement, c'est programmé pour être présenté dans les salons en synergie avec les nouveaux produits exposés. Un exemple emblématique est Tubik (présenté pour la première fois à Francfort en 2011), né d'une réflexion entre le produit et le style avancé, en fonction de la stratégie de la marque : comment réinventer et réenchanter le voyage pour plus de cinq occupants ?

R. : Comment répondre à cette question ?
C.B. : Il n'y a pas de réponse concrète sur ce type de raisonnement. L'idée est d'obtenir un voyage à la fois convivial, connecté et écologique. Grâce à la motorisation hybride diesel du groupe PSA, vous pouvez obtenir avec des masses comme celles de Tubik des consommations et des émissions de CO2 hautement maîtrisées. A la fin, il faut donner une esthétique à tout cela, sachant dans quelle direction nous allons deux ou trois ans à l'avance.

R. : Un concept-car peut-il être optimisé à tout point de vue ?
C.B. : Il n'y a aucun endroit visible d'un concept-car qui n'est pas dessiné à la main, a contrario d'une voiture de production, où certains éléments peuvent être repris d'une voiture précédente. Le développement d'un concept-car prend une année, alors que celui d'une voiture de série peut aller jusqu'à quatre ans. L'optimisation n'est donc pas vraiment possible. Il s'agit d'un premier jet, on amorce le débat.

R. : Comment choisit-on le nom d'un concept-car ?
C.B. : On le choisit pour communiquer des choses. Tubik traduit quelque chose de léger et de créatif. De son côté, Numéro 9 fait par exemple écho à un autre produit français très connu en Chine. La gamme DS évolue dans le premium, et fait écho au luxe à la française.

R. : Quelle déclinaison d'un concept-car chez Citroën pouvez-nous nous citer ?
C.B. : La DS5. Son prédécesseur concept-car était jaune, s'appelait C-SportLounge, et a été présenté en 2005 au salon de Francfort. 80% de la voiture était là. Un concept-car influence énormément ce qui se passe dans l'atelier ensuite.

R. : Quel est l'importance pour une marque de présenter des concept-cars au grand public sur un salon comme celui-ci ?
C.B. : Il y a des marques qui les méprisent, et d'autres qui sont des tapis roulant : ce sont deux extrêmes. Nous nous efforçons de faire des produits à forte valeur de communication. Quant en 2008, nous avons présenté Hypnos, le Président de PSA Christian Streiff était en train d'annoncer la technologie diesel HYbrid4. Or Hypnos était un hybride, à la fois en motorisation mais aussi en silhouette, coupé crossover.

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