Caracas-Grande manifestation pour la révocation de Maduro

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 (Actualisé avec déroulement de la manifestation et incidents) 
    par Diego Oré et Brian Ellsworth 
    CARACAS, 1er septembre (Reuters) - Un gigantesque cortège de 
manifestants exigeant la tenue d'un référendum révocatoire à 
l'encontre du président Nicolas Maduro a envahi jeudi les rues 
de la capitale vénézuélienne, Caracas. 
    Vêtues de blanc et scandant "Le gouvernement va tomber!", 
des centaines de milliers de personnes se sont rassemblées 
contre le chef de l'Etat et pour protester contre la profonde 
crise économique que traverse le pays. 
    La coalition de l'opposition, l'Unité démocratique, a estimé 
qu'au moins un million de personnes avaient pris part à la 
marche dans la capitale, venant pour certaines de la jungle 
amazonienne ou des Andes. 
    "Nous allons faire tomber Maduro!", déclarait ainsi une 
manifestante de 53 ans, Naty Gutierrez, venue de Maracay, à 120 
km de là. 
    Des incidents ont émaillé la fin de la manifestation, des 
jeunes masqués lançant des pierres et des cocktails Molotov en 
direction des forces de sécurité, qui ont riposté par des tirs 
de gaz lacrymogènes, ont rapporté des témoins. L'Unité 
démocratique a parlé d'éléments infiltrés venus semer le chaos. 
    Policiers et militaires avaient été déployés en nombre dans 
la capitale. Les artères principales avaient été fermées au 
trafic et certaines zones de la ville étaient désertes jeudi 
matin. 
    Selon Nicolas Maduro, la manifestation, baptisée 'Prise de 
Caracas' par l'opposition, est un coup d'Etat fomenté par les 
Etats-Unis, comme celui dont son mentor et prédécesseur Hugo 
Chavez a été victime en 2002. 
    Le gouvernement avait organisé jeudi une 
contre-manifestation, mais n'a pas publié de chiffres sur la 
participation à celle-ci. 
     
    "PRÊT A TOUT" 
    Les Vénézuéliens sont quant à eux de plus en plus mécontents 
face à la récession économique, à une inflation à trois chiffres 
et aux pénuries de produits de première nécessité. 
    Plusieurs membres de l'opposition avaient été interpellés 
avant la manifestation et une douzaine sont toujours en 
garde-à-vue, selon un groupe local de défense des droits de 
l'homme. 
    "Je suis prêt à tout (...) Nous ne permettrons pas qu'il y 
ait un coup d'Etat", avait averti Nicolas Maduro lors d'un 
discours prononcé mercredi soir. Il a ajouté que des personnes 
qui voulaient placer des bombes et tuer des opposants pour semer 
le chaos et discréditer le gouvernement avaient été arrêtées. 
    "Nous avons barré la route aujourd'hui au coup d'Etat, à la 
violente embuscade fasciste!", a lancé le président Maduro à ses 
partisans jeudi, en assurant que les arrestations des derniers 
jours avaient permis d'éviter le gros des violences. 
    Les manifestants réclament la tenue d'un référendum 
révocatoire contre le président socialiste dans l'année, comme 
la constitution vénézuélienne l'autorise. Celui-ci peut avoir 
lieu à mi-mandat, le mandat présidentiel étant de six ans. 
    Mais le vote ne devrait pas avoir lieu cette année, le 
conseil électoral ayant retardé le processus, selon 
l'opposition, pour que le référendum ait lieu l'an prochain. Si 
ce devait être le cas et que Maduro perdait, son vice-président 
deviendrait président et le Parti socialiste resterait 
finalement au pouvoir. 
 
 (Laura Martin et Eric Faye pour le service français) 
 
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