Car2go, nouvel acteur de l'autopartage en France

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L'entreprise, détenue par le constructeur Daimler et le loueur Europcar, vient de lancer son service à Lyon, avec 200 Smart. Embryonnaire, ce marché cherche encore son modèle économique.

Ça bouge dans l'autopartage. Après le démarrage d'Autolib' en décembre dernier à Paris, Car2go, détenu par le constructeur allemand Daimler et le loueur Europcar, s'est lancée à Lyon cette semaine. L'entreprise met à disposition 200 Smart pour «des petits trajets en milieu urbain». L'originalité: l'utilisateur n'a pas à ramener la voiture à une station ou à un parking, il la gare où il veut dans la ville. De même, c'est dans la rue que l'on va chercher son véhicule. Un service de géolocalisation par téléphone permet de repérer le plus proche. La voiture s'ouvre en appliquant une carte sur le pare-brise. L'abonnement -payable une seule fois- coûte 14,90 euros. La minute d'utilisation revient à 0,29 euro.

Ces deux offensives pourraient contribuer à dynamiser un marché encore balbutiant en France, avec environ 25.000 utilisateurs en 2010, selon le cabinet Xerfi. Les acteurs lancés dans la bataille, pour la plupart détenus par des grands groupes (loueurs, opérateurs de transports), sont tous à la recherche d'un modèle économique qui leur permettra de dégager des bénéfices.

Faible rotation

Car2go «devrait être rentable d'ici deux à trois ans», estime Philippe Guillemot, le directeur général d'Europcar. Le loueur voit par ailleurs dans cette activité un moyen de recruter une base de clientèle qui consomme plus régulièrement que pour la location traditionnelle. Déjà lancé dans 7 villes, Car2go revendique 2000 véhicules et 60.000 abonnés aux États-Unis et en Europe. Le groupe a identifié un potentiel de développement dans une cinquantaine de grandes agglomérations en Europe et 4 autres en France.

Lancé à Paris en 1999, le pionnier Caisse Commune, qui a fusionné avec son concurrent Mobizen à la suite du rapprochement de leurs propriétaires Transdev et Veolia, totalise avec son allié environ 5000 abonnés. «Nous gagnerions de l'argent si les 2000 abonnés actifs consommaient au moins une fois par mois entre trois et quatre heures. Pour l'instant, nous sommes en dessous», reconnaît Laure Douarre, la directrice de Caisse Commune et Mobizen, tout en assurant «ne pas être loin» de l'équilibre.

Toujours dans la capitale, Avis on Demand (2500 abonnés), détenu à 100% par Avis (depuis le retrait de Vinci l'an dernier), n'annonce pas non plus de date de profitabilité. «La clé pour être rentable dans ce métier, c'est le taux d'utilisation: nos véhicules tournent beaucoup le soir et le week-end, mais moins en semaine. Or il faut payer les places de parking et les voitures», confirme Jan ­Löning, président d'Avis France.

C'est pour répondre à ces contraintes, et se protéger des risques de vandalisme, que Carbox s'est spécialisé sur le marché des entreprises. Le principe: des véhicules de service mis en commun pour des salariés de L'Oréal, Airbus ou Sodexo. La société a réalisé 1,5 million de chiffre d'affaires l'an dernier, avec 300 véhicules. Des chiffres qu'elle veut doubler cette année. «Nous visons la rentabilité en 2013», confie Alexandre Crosby, le cofondateur. La patience semble donc être de mise sur ce marché. Le groupe Bolloré, qui a lancé Autolib' -voitures électriques en libre-service-, a d'ailleurs prévenu que ce service ne serait pas rentable avant sept ans. Il a besoin pour cela de 80.000 abonnés annuels utilisant le service deux fois par semaine et une heure. Il en compte pour l'instant moins de 5000. Autolib' souhaite mettre 3000 voitures à disposition d'ici à la fin de l'année, contre 450 actuellement.

Lueur d'espoir, l'américain Zipcar, le leader mondial, avec 650.000 membres et 9000 véhicules, a dégagé ses premiers profits au troisième trimestre dernier, après plus de dix ans de pertes. Le marché français de l'autopartage pourrait être multiplié par 6 à l'horizon 2015, à 150.000 utilisateurs, selon Xerfi. «De plus en plus de gens s'interrogent sur la nécessité de posséder une voiture sous-utilisée mais qui coûte cher», explique Philippe Guillemot, d'Europcar. Cette tendance devrait toutefois rester cantonnée à des très grandes villes, tant il semble difficile de se passer d'une voiture ailleurs.

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