Capture d'écran d'une vidéo YouTube montrant une maison en feu après un bombardement dans la province d'Idleb, le 7 mars 2012

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Au moins 32 civils ont été tués vendredi en Syrie, où les forces du régime ont lancé une offensive dans la province d'Idleb (nord-ouest), à la veille de l'arrivée à Damas de l'émissaire international Kofi Annan.Nouveau revers pour le régime, après la démission d'un vice-ministre, une dizaine d'officiers de haut rang de l'armée, dont quatre généraux et deux colonels, ont fait défection et sont arrivés vendredi en Turquie, selon l'agence officielle turque Anatolie et l'opposition syrienne.Sur le plan diplomatique, la Russie, alliée de longue date du régime de Bachar al-Assad, a annoncé qu'elle était opposée au nouveau projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU sur la Syrie, le jugeant "déséquilibré".Cette mise au point intervient alors qu'une réunion sur la Syrie est prévue samedi au Caire entre le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, et ses homologues des pays de la Ligue arabe dont certains se sont montrés très critiques à l'égard de la position de Moscou.Pendant ce temps, la répression ne montrait aucun signe de répit.Trente-deux civils ont encore été tués vendredi à travers le pays, dont au moins 13 dans l'assaut de la localité d'Aïn Larose dans la province rebelle d'Idleb, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). L'armée a également attaqué quatre autres villages, Chaghourit, al-Laj, Hamimat et as-Sahn dans cette province, a précisé l'OSDH.Alors qu'un nombre important de chars et de soldats se sont rassemblés dans le district de Jabal al-Zaouia, les militants pro-démocratie craignaient une opération d'envergure semblable à celle menée à Baba Amr, quartier de Homs repris par l'armée le 1er mars."Le plus grand nombre de déserteurs (en Syrie) sont à Jabal al-Zaouia", a expliqué à l'AFP le président de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.Parallèlement, comme tous les vendredis depuis mars 2011, des dizaines de milliers de Syriens sont descendus dans les rues pour dénoncer le régime de Bachar al-Assad, notamment à Alep (nord) qui a connu sa plus grande mobilisation depuis un an, ont rapporté des militants et l'OSDH.Les forces de sécurité ont ouvert le feu pour disperser la foule à Alep, tandis que deux manifestants ont été tués à Homs (centre) et un à Jarablos dans la province d'Alep par des tirs des forces de sécurité, selon l'OSDH.Des rassemblements ont également eu lieu à Damas et sa province, à Deraa, berceau de la contestation dans le sud du pays, à Hama (centre), à Idleb, dans la ville côtière de Lattaquié, à Deir Ezzor (est) et à Hassaka (nord-est), d'après l'ONG.Les manifestants ont notamment appelé à la "mise à mort" du président Assad et à l'armement des rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL).Depuis le début de la révolte il y a un an, les violences ont fait quelque 8.500 morts, en majorité des civils, selon l'OSDH.Avant sa venue à Damas samedi, l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie, Kofi Annan, a estimé que "la solution ultime réside dans un règlement politique". Il a mis en garde contre davantage de militarisation qui selon lui va aggraver la situation, un message relayé depuis des semaines par les Etats-Unis.Paris et Rabat ont également réitéré vendredi leur opposition à toute intervention militaire.Dans sa guerre sans merci contre les rebelles, le président Assad se targue de l'appui infaillible de la Russie, qui a déjà bloqué deux résolutions des Occidentaux.Vendredi, Moscou a affirmé son refus d'un nouveau texte américain exigeant du régime qu'il mette fin à la répression, qualifié de "déséquilibré".Le texte "exige" que le gouvernement syrien arrête "immédiatement" toutes les violences et "appelle" aussi l'opposition à "s'abstenir de toute violence" dans le cas où le gouvernement se plierait aux premières exigences de cette résolution, selon une copie que l'AFP a pu consulter.La Chine, autre alliée du régime, a annoncé l'envoi en Arabie saoudite, en Egypte et en France d'un émissaire, Zhang Ming, chargé d'expliquer la position de Pékin.Ces tractations diplomatiques interviennent au moment où le régime montre ses premiers signes de division après l'annonce jeudi par le vice-ministre du Pétrole de sa démission pour dénoncer la "brutalité" du régime.Une dizaine d'officiers de haut rang de l'arméee, dont quatre généraux et deux colonels, sont également arrivés vendredi en Turquie, après avoir fait défection, ont rapporté Anatolie et l'opposition syrienne.Sur le plan humanitaire, la responsable des opérations humanitaires de l'ONU, Valerie Amos, a déclaré être parvenue à un accord avec le régime syrien pour une "mission d'évaluation humanitaire préliminaire" dans les zones de conflits.L'ONU a précisé que quelque 1,5 million de personnes avaient besoin d'une aide alimentaire. Selon l'organisation, plus de 25.000 réfugiés sont recensés dans les pays voisins de la Syrie, et les violences ont déplacé entre 100.000 et 200.000 personnes à l'intérieur du pays.

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