Capture d'écran d'une vidéo YouTube du 19 août 2012 montrant une colonne de fumée s'élever au dessus d'Alep

le
0

Les rebelles affrontaient l'armée lundi près du tribunal militaire et du siège du parti Baas au pouvoir, symboles du régime de Bachar al-Assad au coeur de la ville stratégique d'Alep (nord), en proie à des violents combats depuis un mois.A Paris, le président français François Hollande, dont le pays soutient les rebelles, devait recevoir le nouveau médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, pour discuter des moyens d'arrêter le conflit dans ce pays alors que la mission des observateurs de l'ONU, chargés depuis avril de surveiller une trêve qui n'a jamais existé, a pris fin dimanche à minuit."Ce qu'il faut, c'est arrêter la guerre civile et ça ne va pas être simple", avait souligné sur France 24 le successeur désigné de Kofi Annan dont les propos ont été jugés lundi "contraires à la réalité" par Damas."Ce qui se passe sur le terrain, ce sont des crimes terroristes qui visent le peuple syrien et qui sont perpétrés par des salafistes armés soutenus par des pays connus", a déclaré le ministère syrien des Affaires étrangères en récusant le terme de guerre civile.Le régime de Bachar al-Assad accuse régulièrement l'Arabie saoudite et le Qatar d'armer les rebelles qui sont par ailleurs épaulés par des agents des services secrets américains, britanniques et allemands, selon des journaux allemands et britanniques.Sur le terrain, la fête musulmane du Fitr, qui a commencé dimanche et doit durer trois jours pour célébrer la fin du jeûne du ramadan, était endeuillée par des combats meurtriers à Alep (355 km au nord de Damas), mais aussi dans la capitale syrienne. Le président syrien y avait effectué la veille une rare apparition publique dans une mosquée.Au moins 44 personnes, dont 20 civils, ont été tuées lundi, selon un bilan provisoire de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) qui rapporte plus de 23.000 morts depuis le début de la révolte en mars 2011.Combats à Alep et Damas Un mois jour pour jour après le début de la bataille d'Alep, les rebelles ont porté lundi les combats dans le centre de la ville en affrontant l'armée près du tribunal militaire et du parti Baas, selon l'OSDH.Un commandant de l'Armée syrienne libre (ASL, formée de déserteurs et de civils armés) a affirmé à l'AFP que les rebelles avaient "pénétré et pris contrôle" de secteurs centraux d'al-Tilal, Al Maadi et Jdaidé, près du quartier historique. Des chrétiens habitent notamment dans le quartier de Jdaidé.A Damas, des affrontements ont éclaté dans plusieurs quartiers de l'est et du sud, hostiles au régime, notamment Jobar (est) et Tadamoun (sud), selon l'OSDH. Les Comités locaux de coordination (LCC), un réseau de militants sur le terrain, ont également fait état d'affrontements à Jobar après une attaque rebelle contre un barrage de l'armée.Les autorités avaient annoncé il y a plus d'un mois avoir repris le contrôle de Damas avant d'être démenties sur le terrain.Dans le sud, la ville de Herak, où sont retranchés des insurgés, se trouve dans une situation humanitaire "catastrophique" faute de pouvoir se ravitailler en vivres et médicaments, a affirmé le Conseil national syrien (CNS).Un milliard d'euros par mois L'agence officielle Sana a par ailleurs démenti que le chef de la diplomatie Walid Mouallem ait annnoncé sur twitter avoir remplacé le vice-président Farouk al-Chareh, personnalité sunnite la plus en vue du régime dont la défection annoncée samedi par des chaînes de télévision arabe avait été aussitôt réfutée à Damas.Le sort de M. Chareh suscite cependant des interrogations alors qu'il n'a pas été vu en public depuis les funérailles organisées après un attentat qui, le 18 juillet, avait coûté à Damas la vie à quatre hauts responsables du régime.M. Assad a lui effectué dimanche sa première apparition publique depuis cet attentat pour prier dans la mosquée al-Hamad de Damas, aux côtés du nouveau Premier ministre, Waël al-Halaqi, dont le prédécesseur a fait défection au début du mois, selon des images diffusées par la télévision d'Etat.Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a déclaré lundi à la radio RTL que le canal financier pouvait être une arme efficace pour "étrangler" le régime syrien, qui sera bientôt à court d'argent selon lui."Il a de moins en moins de réserves. On a compté qu'il n'en avait que pour quelques mois, sauf appui de la Russie et de l'Iran", a-t-il dit.Et alors que la recrudescence des bombardements dans le nord de la Syrie pousse des milliers de personnes à fuir vers la Turquie, Ankara a prévenu que le pays, qui accueille 70.000 réfugiés syriens, ne pourrait pas en accepter plus de 100.000.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant